🇨đź‡World Economic Forum-Le Conseil de Paix de Donald Trump : complĂ©ment stratĂ©gique ou dĂ©fi diplomatique Ă l’ONU ?
La scène choisie n’est pas anodine. En marge du Forum économique mondial de Davos, haut lieu de la gouvernance globale et des équilibres de pouvoir, le président américain Donald Trump a procédé, jeudi, à la signature de la charte fondatrice du “Conseil de paix”, une nouvelle instance internationale dédiée aux questions de paix et de sécurité.
Quelques instants avant l’acte solennel, le chef de l’exécutif américain a tenu à rassurer la communauté internationale : le nouveau Conseil, a-t-il affirmé, travaillera “en coordination avec les Nations unies”. Un message immédiatement relayé par la Maison Blanche.
« Félicitations, Président Trump. La charte est désormais en vigueur et le Conseil de paix est officiellement une organisation internationale », a déclaré Karoline Leavitt, porte-parole de la présidence américaine, devant un parterre de dirigeants et de représentants d’États ayant accepté l’invitation de Washington à rejoindre cette initiative.
Une architecture parallèle à l’ordre multilatéral existant
Si l’administration américaine présente ce Conseil comme un outil complémentaire, la création de cette nouvelle structure suscite déjà interrogations et réserves dans les cercles diplomatiques.
Pour nombre d’observateurs, le projet s’inscrit dans une critique récurrente formulée par Donald Trump à l’égard du Conseil de sécurité des Nations unies, jugé par le président américain inefficace, partisan et excessivement coûteux.
Dans ses déclarations, le locataire de la Maison Blanche n’a jamais caché son exaspération face à la persistance de conflits de longue durée — République démocratique du Congo, Soudan, Somalie, Gaza, Yémen, entre autres — qu’il considère comme le symbole d’un multilatéralisme paralysé par les vétos, les jeux d’influence et l’inertie bureaucratique.
Réforme ou contournement ?
La question centrale demeure donc la suivante : le Conseil de paix voulu par Washington vise-t-il à renforcer l’architecture internationale de sécurité ou à en redessiner les équilibres au profit d’une gouvernance plus alignée sur les priorités américaines ?
Pour ses promoteurs, cette nouvelle enceinte offrirait plus de réactivité, moins de lourdeur procédurale et une capacité d’action ciblée, en particulier dans les zones de conflits chroniques. Elle pourrait également servir de plateforme à des coalitions volontaires d’États désireux d’agir rapidement, en dehors des blocages traditionnels.
À l’inverse, plusieurs diplomates craignent un risque de fragmentation du système multilatéral, déjà mis à rude épreuve par la multiplication des initiatives concurrentes, régionales ou idéologiquement marquées. L’émergence d’un organe international porté par la première puissance mondiale pourrait, selon eux, affaiblir la centralité de l’ONU, sans pour autant résoudre les causes structurelles des conflits.
Un test pour la gouvernance mondiale
Au-delà des intentions affichées, la crédibilité du nouveau Conseil dépendra de plusieurs facteurs :
- la composition réelle de ses membres,
- la nature de ses mécanismes décisionnels,
- son financement,
- et surtout sa capacité à produire des résultats concrets là où les institutions existantes ont échoué.
À Davos, symbole d’un monde en recomposition, Donald Trump a une nouvelle fois affirmé sa volonté de bousculer l’ordre international établi. Reste à savoir si le “Conseil de paix” deviendra un outil de convergence diplomatique ou un nouvel axe de rivalité institutionnelle dans un paysage géopolitique déjà profondément fragmenté.
Une chose est certaine : cette initiative ouvre un nouveau chapitre du débat sur l’avenir de la paix et de la sécurité internationales, à un moment où la gouvernance mondiale n’a jamais semblé aussi contestée.
Victor ESSO TIKI/NDJOCK GÉRALDÂ


Vous avez besoin d’une offre publicitaire pour faire connaĂ®tre vos produits ou services, Afrique Infos vous permet de choisir parmi celle que propose sa plateforme, la meilleure qui puisse vous satisfaire.











