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🇨🇲 Cameroun – Liberté de la presse en danger : le harcèlement d’un journaliste sonne comme un avertissement à toute la profession

À quelques mois d’une élection présidentielle sous haute tension, les atteintes à la liberté de la presse et aux droits fondamentaux connaissent une inquiétante escalade au Cameroun. Les services de renseignement et la police nationale semblent s’être lancés dans une chasse aux voix discordantes, visant aussi bien des opposants politiques que des journalistes.

Parmi les victimes récentes de cette répression, le journaliste et directeur de publication Victor Esso Tiki, figure respectée du paysage médiatique, est convoqué par la police et les services secrets. Son tort ? Avoir osé publier des articles et prises de position sur les réseaux sociaux dénonçant certaines dérives politiques et institutionnelles.

Un climat politique verrouillé

Depuis que la candidature du leader de l’opposition Maurice Kamto a été rejetée par le Conseil électoral et le Conseil constitutionnel – sans justification juridique claire – la répression s’est intensifiée. Des personnalités comme Anicet Ekane, leader du Manidem et soutien de Kamto, subissent un harcèlement constant : siège du parti encerclé par les forces de l’ordre, convocations à répétition, surveillance rapprochée.

Le cas de Victor Esso Tiki s’inscrit dans ce contexte de musellement. Ses proches sont suivis, ses communications scrutées, ses téléphones traqués. Cette surveillance digne d’un roman d’espionnage a pour seul but d’arracher des informations compromettantes ou de l’intimider jusqu’au silence.

Un professionnel irréprochable pris pour cible

Cet acharnement choque d’autant plus que Victor Esso Tiki a bâti sa carrière sur un journalisme impartial et rigoureux. Passé par 100% Jeunes, Camerounlink, Camerpress, Vox Africa, Afrique Média, il est aujourd’hui l’un des actionnaires et dirigeants du groupe Afrique Infos / Agence de presse HOPNA. Son engagement n’a jamais été partisan : il a simplement défendu la vérité, les faits et le droit du public à être informé.

Un retour en arrière inquiétant

Ces pratiques rappellent les pires heures des années 1990, quand journalistes et militants vivaient sous la menace constante des autorités. Que ce soit par la force, la peur ou l’arsenal judiciaire, tout semble mis en œuvre pour étouffer la presse indépendante et bâillonner les voix critiques.

La liberté de la presse, pilier de toute démocratie

Le harcèlement de Victor Esso Tiki n’est pas un cas isolé : c’est le symptôme d’un système qui considère l’information libre comme un danger. Mais une démocratie qui s’attaque à ses journalistes se condamne elle-même à l’opacité, à la méfiance et à l’isolement.

Face à cette dérive, la rédaction d’Afrique Infos exprime son indignation et condamne avec la plus grande fermeté ces actes d’intimidation. Défendre Victor Esso Tiki, c’est défendre le droit de chaque Camerounais à une information libre, pluraliste et honnête.

La Rédaction 

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