A LA UNEEnvironnementToute l'Actualité

🇨🇲 Afrique centrale-Transhumance transfrontalière : Douala au cœur d’une stratégie commune entre le Cameroun, le Tchad et la RCA

Douala accueille depuis le jeudi 29 janvier 2026 un atelier intersectoriel stratégique consacré à la gestion de la transhumance transfrontalière entre le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine (RCA). Organisée avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de ses partenaires, cette rencontre marque une étape décisive vers l’élaboration d’un cadre commun de gouvernance apaisée et durable d’une pratique ancestrale au cœur des équilibres économiques et sociaux de l’Afrique centrale.

 Une concertation tripartite à forte portée régionale

Présidé par Madame Annie Claire Ngo Ongla, Directrice des pâturages, de l’alimentation et des infrastructures d’élevage au MINEPIA, représentant le ministre de tutelle, l’atelier réunit administrations publiques, experts techniques, partenaires au développement et acteurs du monde pastoral.

La FAO y est représentée par Monsieur Gérald Tchatchoua Toko, Assistant Représentant en charge du programme au Cameroun, au nom du Dr Antonio Querido, Représentant de la FAO dans le pays.

Au centre des échanges : la validation d’un document stratégique commun destiné à encadrer juridiquement et opérationnellement la transhumance transfrontalière, dans un esprit de coopération régionale.

Vers un cadre réglementaire harmonisé

Porté par le Projet d’appui à la transhumance transfrontalière au Cameroun, au Tchad et en RCA, l’atelier vise à définir des mécanismes concrets de régulation fondés sur :

  • le respect des communautés locales,
  • l’inclusion des jeunes et des femmes,
  • l’harmonisation des cadres réglementaires entre les trois États.

Pour Abdou Jonathan, Coordonnateur du PARTTRAC à la FAO, il s’agit d’un tournant historique :

« C’est la première fois qu’une stratégie vise à encadrer juridiquement la transhumance à l’échelle de trois pays, afin de disposer d’un document stratégique commun pour une pratique ancestrale essentielle à la sous-région. »

Après la phase de validation au Cameroun, le processus se poursuivra au Tchad et en RCA, avant un dialogue de haut niveau tripartite, facilité par des partenaires spécialisés en dialogue humanitaire, y compris en contexte d’insécurité.

 Un potentiel pastoral majeur, mais fragile

Le Cameroun, le Tchad et la RCA disposent d’un potentiel pastoral stratégique, avec des millions de têtes de bétail.

  • Le Tchad est reconnu comme un grand pays d’élevage,
  • Le Cameroun et la RCA jouent un double rôle de pays d’élevage et de zones d’accueil de troupeaux transhumants, y compris en provenance d’Afrique de l’Ouest.

La transhumance transfrontalière — déplacement saisonnier des troupeaux et des bergers à la recherche de pâturages et de points d’eau — constitue un pilier de la sécurité alimentaire, de la création de revenus et de la lutte contre la pauvreté en Afrique centrale.

 Prévenir les conflits par l’anticipation

Mal encadrée, la transhumance est aussi source de tensions récurrentes entre éleveurs et agriculteurs, notamment en cas d’empiètement sur les champs ou les zones habitées.

Face à ces défis, le Cameroun a mis en place une direction spécifiquement dédiée à la gestion de la transhumance.

« Il est indispensable de baliser les couloirs de transhumance. Le bétail suit des itinéraires précis qui doivent être clairement définis. Lorsqu’ils ne le sont pas, les conflits deviennent inévitables », a rappelé Madame Annie Claire Ngo Ongla.

Une mobilisation internationale coordonnée

Dans son allocution, Gérald Tchatchoua Toko a salué l’engagement conjoint du gouvernement camerounais, de la FAO et de l’Union européenne, notamment à travers le soutien au dialogue humanitaire, pour offrir un cadre technique, scientifique et sécuritaire de réflexion sur cette problématique régionale sensible.

 Des perspectives pour une transhumance apaisée

Les travaux, qui s’achèvent ce vendredi, devraient jeter les bases d’une gestion harmonisée et concertée de la transhumance transfrontalière entre les trois pays. À terme, l’ambition est claire : réduire les conflits, sécuriser les moyens de subsistance pastoraux et renforcer la stabilité rurale dans une sous-région où l’élevage reste un moteur essentiel du développement.

NJOCK GERARD 

Laisser un commentaire