🇨🇲Cameroun : la Chaplain Ambassadors Peace Mission accélère son ancrage social et sa diplomatie de proximité
Deux ans après son autorisation officielle par le ministère de l’Administration territoriale, la Chaplain Ambassadors Peace Mission (CAPM) confirme son implantation progressive au Cameroun. À Douala, son assemblée générale couplée à la sortie de la 9ᵉ promotion de « juges de la paix » illustre une stratégie d’expansion fondée sur la médiation sociale, l’assistance humanitaire et la prévention des conflits.
À Douala, la montée en puissance de la Chaplain Ambassadors Peace Mission se lit désormais à travers ses activités de terrain et la structuration de son réseau national. Réunie le 27 mars au lieu-dit Éneo Yassa, l’organisation à but non lucratif a tenu une assemblée générale stratégique, suivie de la cérémonie de sortie de sa 9ᵉ promotion de « juges de la paix » dans le quartier Bonassama, à Bonabéri.
Une diplomatie sociale au plus près des populations
Organisation à vocation humanitaire et pacificatrice, la CAPM revendique un statut consultatif auprès des Nations Unies, qui renforce sa crédibilité dans les initiatives de paix locales. Son modèle repose sur une approche hybride mêlant assistance sociale, médiation communautaire et accompagnement moral des institutions.
Son président, Ndifor Godwin Ndifor, insiste sur la spécificité de cette mission :
« Notre organisation agit principalement dans les milieux défavorisés — hôpitaux, orphelinats, écoles — et apporte un soutien moral aux forces de l’ordre. Nous recevons également des plaintes liées aux abus des droits de l’homme et intervenons comme médiateurs. Mais nous ne sommes pas un corps des forces de sécurité, contrairement à certaines perceptions. »
Une clarification essentielle dans un contexte où les initiatives para-étatiques suscitent parfois confusion et méfiance.
Former des « juges de la paix » : une stratégie de terrain
Au cœur du dispositif de la CAPM, la formation de « juges de la paix » constitue un levier clé. Ces acteurs communautaires, formés aux techniques de médiation et de résolution non violente des conflits, sont déployés dans plusieurs régions du pays.
La 9ᵉ promotion, forte d’une vingtaine de lauréats, a reçu parchemins et épaulettes lors d’une cérémonie officielle en présence des autorités administratives, notamment des représentants du ministère de l’Administration territoriale et de la sous-préfecture de Douala IV.
Pour les pouvoirs publics, l’initiative est suivie de près. Selon le chef de service régional des associations, représentant du MINAT :
« Il s’agit pour nous de nous assurer du respect de la conformité telle que prévue par l’autorisation accordée. À ce stade, nous constatons que les activités se déroulent convenablement, et cette 9ᵉ promotion en est une illustration. »
Un maillage national en construction
Avec près d’une centaine de membres déjà formés et déployés, la Chaplain Ambassadors Peace Mission entend étendre son empreinte sur l’ensemble du territoire camerounais. Dans un pays confronté à des tensions multiformes — sociales, sécuritaires et communautaires — l’organisation mise sur une approche de proximité pour désamorcer les conflits à la base.
Sa stratégie repose sur trois piliers :
- Prévention : sensibilisation dans les écoles et communautés
- Médiation : gestion des conflits interpersonnels et communautaires
- Assistance : soutien aux populations vulnérables et institutions sociales
Entre reconnaissance institutionnelle et défis de crédibilité
Si la CAPM bénéficie d’un cadre légal et d’une reconnaissance progressive, elle devra néanmoins consolider sa crédibilité à long terme. La professionnalisation de ses membres, la transparence de ses actions et la clarification de son positionnement vis-à-vis des institutions régaliennes restent des enjeux majeurs.
Dans un contexte où la demande sociale en matière de justice de proximité et de cohésion nationale est forte, l’initiative de la Chaplain Ambassadors Peace Mission pourrait s’imposer comme un complément aux dispositifs classiques, à condition de maintenir un équilibre entre engagement citoyen et rigueur institutionnelle.
À Douala, cette 9ᵉ promotion de « juges de la paix » ne marque pas seulement une étape symbolique : elle révèle l’ambition d’une organisation qui entend faire de la paix un métier de terrain, au service des communautés.
La Rédaction


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