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Marketing d’influence : ce que perdent les pays africains non visités par Le Youtubeur Américain IShowSpeed

À l’ère du tourisme digital, l’absence de visibilité sur les grandes plateformes sociales n’est plus un simple manque de notoriété : c’est un manque à gagner économique réel. Le passage – ou l’absence – de créateurs de contenu mondiaux comme IShowSpeed peut désormais influencer l’image, l’attractivité et même les recettes touristiques des pays.

Lorsqu’un influenceur mondial comme IShowSpeed, suivi par des dizaines de millions de jeunes à travers le monde, pose sa caméra dans un pays, ce n’est jamais un simple divertissement. C’est un acte de marketing territorial involontaire, capable de propulser une destination sur les écrans, dans les conversations et, parfois, dans les plans de voyage de toute une génération.

À l’inverse, les pays africains non visités par ce type de créateur passent à côté d’une opportunité économique et touristique majeure.

La visibilité numérique, nouvelle monnaie du tourisme

Aujourd’hui, une vidéo virale peut avoir autant d’impact qu’une campagne touristique institutionnelle coûtant plusieurs millions de dollars. Les contenus d’influence génèrent :

•des revenus publicitaires indirects,

•des partenariats avec des marques internationales,

•et surtout une hausse potentielle des flux touristiques.

Pour les pays africains absents de ces récits numériques globaux, le coût est double : perte de visibilité et perte de revenus futurs. Chaque destination ignorée est une destination que les internautes ne peuvent ni rêver, ni projeter, ni consommer.

Une opportunité manquée de raconter son histoire

Au-delà des chiffres, ne pas être mis en avant par des influenceurs mondiaux signifie aussi ne pas exister dans l’imaginaire collectif. Dans un monde saturé d’images, ce qui n’est pas vu est souvent perçu comme inexistant.

Les pays non visités par IShowSpeed manquent l’occasion de :

•montrer leur patrimoine culturel,

•valoriser leur jeunesse et leur créativité,

•déconstruire les clichés persistants sur l’Afrique.

À travers une caméra, ce sont des villes, des visages, des accents, des modes de vie qui peuvent devenir familiers et attractifs pour des millions de spectateurs.

Des retombées économiques bien réelles

La création de contenu touristique ne profite pas qu’aux plateformes. Elle génère des effets d’entraînement locaux :

  • augmentation de la fréquentation hôtelière,
  • développement de la restauration et des services,
  • émergence de guides, artisans et entrepreneurs locaux,
  • renforcement de l’économie créative.

En se privant de cette exposition, certains pays africains renoncent à des ressources financières alternatives, qui pourraient être réinvesties dans les infrastructures, l’éducation ou la promotion culturelle.

Marketing d’influence : un outil de soft power sous-exploité

Les États qui comprennent l’impact stratégique du marketing d’influence intègrent désormais les créateurs de contenu dans leur diplomatie touristique. Inviter, accompagner ou faciliter la venue d’influenceurs devient une politique d’attractivité à part entière.

À l’inverse, l’absence de stratégie laisse la narration du continent à des regards extérieurs, souvent incomplets ou biaisés. Or, l’Afrique a besoin de multiplier les récits positifs, portés aussi bien par des voix locales que par des influenceurs internationaux.

Une responsabilité partagée

Si les créateurs de contenu ont un rôle à jouer, la responsabilité est également collective :

  • institutions touristiques,
  • acteurs privés,
  • collectivités locales,
  • et créateurs africains eux-mêmes.

L’enjeu n’est pas seulement de faire venir des influenceurs, mais de structurer l’accueil, la narration et la valorisation des territoires pour transformer la visibilité en impact durable.

l’Afrique ne peut plus rester hors champ

Les pays africains non visités par IShowSpeed ne ratent pas seulement un moment viral. Ils ratent une fenêtre d’opportunité économique, culturelle et symbolique.

Dans un monde où l’image précède souvent la réalité, il est essentiel que les voix africaines soient vues, entendues et amplifiées. Le continent regorge de destinations, d’histoires et de talents. Encore faut-il qu’ils soient mis en lumière.

Le monde est prêt à découvrir l’Afrique autrement.

Reste à savoir si l’Afrique choisira d’occuper pleinement l’écran.

La Rédaction 

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