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Bambou et rotin : un levier pour le développement économique

La question était au cœur du 1er congrès international de ce secteur ouvert mercredi dernier à Yaoundé par le ministre d’Etat Bello Bouba Maïgari, représentant le Premier ministre.

Il s’est ouvert hier à Yaoundé, le congrès africain sur le bambou et le rotin. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le représentant personnel du Premier ministre, chef du gouvernement, Bello Bouba Maïgari, ministre d’Etat, ministre du Tourisme et des Loisirs (Mintoul). Ce congrès organisé par le gouvernement en partenariat avec l’Organisation internationale du bambou et du rotin (INBAR) a pour thème « Le bambou et le rotin comme moteur d’une économie résiliente et durable en Afrique, dans le contexte marqué par la dégradation progressive des ressources en bois d’origine naturelle et l’urgence de la lutte contre les changements climatiques ». Occasion de rappeler le rôle de cette filière dans la réduction de la pauvreté et la lutte contre les changements climatiques. Il s’agit en effet, de contribuer à la réduction de la pauvreté et à la préservation de l’environnement grâce à la production, la transformation et l’utilisation de ces deux matières. En organisant ce congrès, INBAR ambitionne de fournir une plateforme Sud-Sud et Sud-Nord en matière de développement durable et inclusif de la filière bambou et rotin. Aussi doit-on signaler que cette organisation vise la promotion du développement écologique durable en s’appuyant sur l’utilisation du bambou et du rotin afin d’améliorer le bien-être des producteurs et des utilisateurs de ces deux espèces.
«Le bambou et le rotin sont deux leviers qui peuvent permettre, s’ils sont bien exploités, de créer les emplois, lutter contre la pauvreté et améliorer le cadre et les conditions de vie des populations. Au plan environnemental et climatique, le bambou et le rotin séquestrent le carbone au même titre que la forêt», a dit Jules Ndoret Ndongo

Au terme des débats thématiques qui s’achèvent ce vendredi au Palais des Congrès de Yaoundé. Longtemps considéré comme une plante envahissante et sans aucune valeur au Cameroun, le bambou est de plus en plus utilisé pour reboiser les espaces impactés par l’agriculture et l’exploitation forestière illégale. Depuis le 23 mai 2017, l’Ong camerounaise Forêts et Développement rural (Foder) qui lutte contre la déforestation illégale et milite pour la gestion durable des ressources forestières, met en œuvre un mémorandum d’entente signé avec l’Organisation internationale pour le bambou et le rotin (Inbar; International Bamboo and Rattan Organisation), pour la valorisation de la ressource. D’après François Médard Medjo, observateur indépendant externe à Foder, le projet consiste à reboiser les sites qui ont subi des impacts négatifs de l’exploitation forestière, des feux de brousse, de l’activité minière ou des sites qui sont en voie d’accéder à la déforestation globale comme les régions du Nord et de l’Extrême-nord.

Une chose est sûre, le pays est résolument tourné vers une exploitation optimale de ces ressources qui doivent sortir de l’informel pour devenir une source de devises pour le pays. Le congrès qui se tient à Yaoundé participe de ce fait à permettre au grand public d’apprécier le génie créateur de certains Camerounais. Ils y exposent des chaises, tables, lits, sacs, produits alimentaires, cosmétiques et autres huiles essentielles issus des plantes peu exploitées par le passé. Pour les jeunes, ce sont des niches d’auto-emplois. Cependant, les défis de la formation restent à relever.
capitaliser sur le bambou et le rotin au Cameroun, il convient de mettre en place un certain nombre de préalables. Ces prolégomènes visent à rendre cette filière rentable à la hauteur de ce qu’elle représente. La formation des exploitants est une base sans laquelle la stratégie d’optimisation pourrait mourir dans l’oeuf. Le pays à lui seul abrite 15 espèces différentes de bambou sur les 1642 recensées dans le monde. De même que le Cameroun compte 21 espèces de rotin sur les 631 dénombrées sur la planète. L’exploitation optimale de ce potentiel, grâce notamment à la production d’une partie des 200 produits dérivés, pourrait créer 250 000 emplois.

Le bambou et le rotin de ce fait, participent de la diversification et de la résilience économique du Cameroun, en attente de de devises et des niches fiscales susceptibles de produire de l’oxygène au trésor public et aux différents acteurs. La promotion du bambou par le gouvernement camerounais est adossée au Plan de gestion du bambou de Chine élaboré et adopté en 2016. Etalé sur une période de cinq ans, le coût d’investissement de ce plan est d’environ 01,9 milliard de Fcfa. Le Cameroun, de l’avis de François Médard Medjo, par ailleurs forestier, dispose ainsi d’une occasion de participer à l’Initiative panafricaine de restauration de 100 millions d’hectares de paysages forestiers et terres dégradées en Afrique (Afr100).

Merveille Tadesue, Correspondante pour le Centre

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