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Dette intérieure : Le Congo propose une décote de 35% à une cinquantaine de créanciers

Pour la 3e phase de son programme d’apurement des créances intérieures auditées sur la période 2003 à 2018, l’État congolais vient de publier une liste de 57 créanciers dont les dettes comprises entre 51 et 80 millions FCFA seront remboursés à partir du 20 février prochain. Essentiellement constitués d’entreprises locales, ces créanciers ont deux options : accepter une décote de 35% sur leur dette et recevoir le paiement intégral du montant dû ou alors étaler le paiement intégral sur 5 ans avec un premier versement prévu cette année.

Une proposition similaire avait été faite en septembre dernier pour la 2e phase du programme sur des montants compris entre 10 à 50 millions FCFA. Un choix cornélien qui avait suscité le courroux des entreprises dont les activités ont été perturbées par la crise sanitaire de la Covid-19 et aujourd’hui la guerre en Ukraine.

« l’État a pris en compte tous les paramètres, en respectant ses engagements à l’égard de tous ses partenaires bilatéraux et multilatéraux. Étant donné que les opérateurs économiques bénéficieront d’une réduction du taux d’imposition des pénalités et des droits principaux, consentis par l’État, allant jusqu’à 80% de réduction, au niveau du Fisc. C’est une grande première dans l’histoire du Congo. La décote de 35% ne peut donc pas poser un problème », s’était défendu Wilfrid Albert Ossié, directeur de cabinet du ministre des Finances.

Pour la prochaine phase, les conditions pourraient être plus corsées pour les créanciers avec des décotes pouvant aller jusqu’à 70%. Élaboré avec le concours du Fonds monétaire international, ce mécanisme permet à Brazzaville de nettoyer le fichier de la dette et de réduire légèrement son stock qui a atteint 114% du Produit Intérieur Brut (PIB) à fin 2021.

Sur les 10 dernières années, l’État a accumulé des arriérés intérieurs auprès du secteur privé représentant 23% du PIB. Il est prévu que l’intégralité de cette dette soit apurée d’ici fin 2031. Les paiements seront accélérés en raison des ressources libérées grâce à la réduction des subventions aux carburants et aux recettes pétrolières qui ont progressé de 53% en 2 ans.

Fernand Ghokeng

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