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🇨🇲Cameroun-Présidentielle 2025 : Flou stratégique et tensions au sommet du pouvoir à Douala

Douala, Cameroun – Alors que le délai constitutionnel pour la convocation du corps électoral arrive à échéance dans deux jours, une réunion tenue ce mercredi à huis clos par le Ministre Secrétaire général du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), Jean Kuete, ravive les interrogations autour de la candidature du président Paul Biya à la prochaine élection présidentielle.

Cette réunion, qui s’est tenue au Cercle municipal de la ville de Douala sous très haute surveillance, a rassemblé les élus locaux ainsi que les figures influentes de la capitale économique. Officiellement discrète, cette rencontre a cependant livré un message politique à la tonalité surprenante.

Dans son propos liminaire, Jean Kuete a invité les cadres du parti à faire preuve de patience et de discipline, affirmant :

« Vous devez rester sereins et attendre les directives que nous transmettra le Président de la République, quel qu’en soit le candidat. Que ce soit lui ou une autre personne, nous devons travailler dur pour remporter la bataille qui nous attend. »

Une déclaration lourde de sens qui tranche avec l’annonce faite récemment par le Ministre Secrétaire général de la Présidence de la République, annonçant la candidature de Paul Biya pour un nouveau mandat. Cette annonce avait d’ailleurs été sèchement recadrée par le Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, qui avait tenu à préciser qu’aucune communication officielle n’avait encore été faite sur le sujet.

Ce revirement apparent introduit un climat d’incertitude et de confusion rarement observé au sein du camp présidentiel. À trois mois du scrutin, le RDPC, habituellement connu pour sa discipline de fer et sa communication verrouillée, semble cette fois divisé et hésitant. Une situation inédite qui alimente les spéculations sur une possible transition politique en gestation, ou à tout le moins, un désaccord interne sur la stratégie électorale.

Alors que les partis d’opposition affûtent leurs armes et que l’électorat manifeste une certaine lassitude face à l’attente, cette cacophonie au sommet du pouvoir pourrait fragiliser la dynamique habituelle du parti au pouvoir. Si Paul Biya, 92 ans, ne se présente pas, il faudra alors désigner en urgence un candidat de substitution — un choix délicat, tant pour l’équilibre interne du RDPC que pour la mobilisation des électeurs.

Ce moment de flottement pourrait bien marquer un tournant historique dans la vie politique camerounaise, révélant une lutte feutrée pour la succession ou, tout au moins, une crise de confiance dans la chaîne de commandement. Quoi qu’il en soit, les prochains jours seront déterminants pour éclaircir la ligne du parti au pouvoir, à l’heure où le pays entre de plain-pied dans le temps électoral.

Victor Esso Tiki

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