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🇹🇿Tanzanie – Country Branding : après la RDC, le FC Barcelone ouvre une nouvelle fenêtre africaine à Dodoma

SPORT & BUSINESS — Le football africain devient de plus en plus un terrain de compétition pour les stratégies de marque nationales. Après avoir noué en 2025 un partenariat de quatre ans avec la République démocratique du Congo, le FC Barcelone discute désormais avec la Tanzanie d’une possible coopération qui pourrait associer développement sportif, formation des talents et promotion internationale du pays.

Le rapprochement a pris une dimension concrète en septembre. Le ministre tanzanien de l’Information, de la Culture, des Arts et des Sports, Paul Makonda, s’est rendu à Barcelone pendant quatre jours, à l’invitation du président du club catalan, Joan Laporta. Les discussions ont porté notamment sur la formation des jeunes, l’encadrement technique, le développement des talents et la gestion des équipes nationales. 

Pour Dodoma, l’enjeu dépasse donc largement le football.

Quand le maillot devient une vitrine nationale

Le précédent congolais donne une idée du potentiel d’un tel accord. En juillet 2025, le Barça et le gouvernement de la RDC avaient annoncé un partenariat stratégique de quatre saisons. Les équipes professionnelles du club devaient notamment porter la mention « R.D. Congo – Cœur d’Afrique » sur leurs maillots d’entraînement, tandis qu’un espace consacré à la RDC devait être développé au Camp Nou. 

Le dispositif associait également les Barça Academies, des camps sportifs et des programmes de formation destinés aux entraîneurs et aux jeunes athlètes congolais.

La Tanzanie semble aujourd’hui explorer une logique comparable : utiliser la puissance médiatique d’une institution sportive mondiale pour amplifier son image internationale, tout en recherchant des retombées concrètes pour son propre écosystème sportif.

C’est là que le country branding rencontre le sport business.

L’effet AFCON 2027

Le calendrier n’est évidemment pas neutre. La Tanzanie accueillera en 2027 la Coupe d’Afrique des nations aux côtés du Kenya et de l’Ouganda. La compétition se déroulera du 19 juin au 17 juillet 2027 et constituera la première CAN organisée par trois pays. 

La CAF estime que le tournoi pourrait attirer plus de 1,5 million de supporters dans les trois pays hôtes, tandis que son audience télévisuelle mondiale se chiffre en milliards. 

Pour la Tanzanie, l’équation est donc particulièrement intéressante : faire de la CAN une plateforme de visibilité touristique, économique et culturelle, tout en utilisant l’aura du Barça pour prolonger cette exposition bien au-delà des stades africains.

Lors de son séjour en Catalogne, Paul Makonda a d’ailleurs rencontré plusieurs joueurs du Barça, parmi lesquels Lamine Yamal, Pedri, Raphinha et Gavi, et les a invités à découvrir la Tanzanie, sa culture et ses attractions touristiques. 

Dodoma veut vendre une destination, pas seulement une équipe

Cette approche illustre une évolution du marketing territorial africain.

Pendant longtemps, les États ont cherché à promouvoir leur image à travers des campagnes touristiques classiques, des salons internationaux ou des investissements publicitaires. Le sport permet désormais de toucher simultanément les supporters, les touristes, les investisseurs et les médias.

Un partenariat avec Barcelone offre potentiellement à la Tanzanie l’accès à une marque sportive dont la portée dépasse largement le football espagnol.

Mais la valeur d’un tel accord dépendra de sa capacité à produire des actifs durables : académies, formation des entraîneurs, échanges techniques, événements en Tanzanie, contenus numériques, opérations touristiques et, éventuellement, présence de la marque tanzanienne dans l’écosystème commercial du club.

Du branding à la transformation sportive

C’est également sur ce terrain que se jouera la crédibilité du projet.

Le gouvernement tanzanien a expliqué vouloir tirer parti de l’expertise barcelonaise pour renforcer la détection et la formation des jeunes joueurs, améliorer les compétences des entraîneurs et structurer les filières menant aux équipes nationales. 

Le défi sera de transformer une relation institutionnelle prestigieuse en programme sportif mesurable.

Pour Barcelone, l’Afrique représente parallèlement un marché stratégique pour son développement international. Pour la Tanzanie, le Barça peut devenir une vitrine mondiale. Pour les deux parties, l’intérêt est donc potentiellement commercial, sportif et institutionnel.

La prochaine étape sera de savoir si les discussions de septembre déboucheront sur un accord formel et sur quel modèle.

Une chose est déjà claire : à l’approche de la CAN 2027, le football est devenu pour Dodoma beaucoup plus qu’une affaire de résultats sur le terrain. Il devient un outil de diplomatie, de tourisme et de marketing national.

Et dans cette nouvelle bataille de l’image, le Camp Nou pourrait bien devenir l’une des vitrines de la Tanzanie.

VICTOR ESSO TIKI 

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