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🇨🇲Cameroun — Culture : Sergeo Polo dévoile « APPARENCES », un maxi-single entre fête, regard social et maturité artistique

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À Douala, Sergeo Polo a retrouvé la presse pour présenter « APPARENCES », son nouveau maxi-single. À travers ce projet, l’artiste revisite les relations humaines, les faux-semblants et la jalousie, tout en poursuivant une carrière entamée il y a trois décennies.

Après plusieurs années de présence continue sur la scène musicale camerounaise et africaine, Sergeo Polo, figure du Makossa et des musiques populaires africaines, ouvre un nouveau chapitre de sa carrière avec « APPARENCES ». L’artiste a présenté ce nouveau projet musical lors d’une conférence de presse tenue hier à Douala, en présence de nombreux professionnels des médias, acteurs culturels, invités et partenaires.

La rencontre a également enregistré la présence du Délégué régional des Arts et de la Culture pour le Littoral, venu apporter son soutien à cette nouvelle étape de la carrière de l’artiste.

« APPARENCES », miroir des relations humaines

À travers ce maxi-single, Sergeo Polo entend poser un regard sur certaines réalités de la société contemporaine. Les apparences, la jalousie, l’ingratitude, la méchanceté ou encore les relations parfois ambiguës entre les individus constituent le fil conducteur de plusieurs titres du projet.

Parmi eux, « Regards Jaloux » s’intéresse particulièrement aux comportements qui peuvent empoisonner les relations humaines : le manque de reconnaissance, l’envie de voir l’autre échouer ou encore cette difficulté à accepter la réussite de son prochain.

À l’opposé, « Baninga Mabé (Makom Ma Bobé) » apporte une dimension plus festive et populaire au projet. Le titre mise sur la proximité avec le public, notamment à travers la danse, les reprises et les contenus produits par les fans.

Cette dualité donne à « APPARENCES » une identité particulière : faire danser tout en invitant à réfléchir.

Trente ans de carrière et une identité intacte

La présentation du maxi-single a également été l’occasion de revenir sur le parcours d’un artiste dont l’histoire se confond avec plusieurs périodes de la musique camerounaise.

Révélé au grand public au milieu des années 1990 avec « Le Mari d’Autrui », réalisé avec Njohreur, Sergeo Polo poursuit ensuite une carrière solo avec « Carton Rouge » en 1998, avant de publier notamment « Géorgie » en 2000 et « La Chicotte de Papa » en 2002.

Ce dernier projet contribue fortement à sa consécration. L’artiste est notamment distingué Artiste de l’année 2003 et reçoit un disque d’or.

Au fil des années, sa discographie s’enrichit de plusieurs projets, dont « Cocktail », réalisé avec Guy Lobè, « Le Prisonnier », « Amour à deux, amour à vie », « Carte Postale », « Fleur et Vénus », « Pour toi » et « MISSION SENSUELLE ».

Son parcours est également marqué par de nombreuses collaborations avec des artistes camerounais et africains, parmi lesquels Barbara Kanam, Charlotte Dipanda, Soum Bill, Locko, Kaïssa Doumbé Moulongo ou encore Mirage Supersonique.

Du Makossa à l’ouverture africaine

L’une des particularités de Sergeo Polo réside dans sa capacité à évoluer entre plusieurs univers musicaux. Le Makossa constitue une composante essentielle de son identité, mais son répertoire s’est également nourri de Rumba congolaise, d’Afro-Zouk, d’Afro-pop et de Ndombolo.

Cette ouverture musicale accompagne une volonté de maintenir le dialogue entre les générations.

En 2017, « Fleur et Vénus », consacré notamment à la femme, à la poésie et à la romance, avait été récompensé du prix du Meilleur album de l’année aux Balafon Music Awards.

Son parcours institutionnel est également marqué par sa distinction comme Chevalier du Mérite camerounais, décernée par la Grande Chancellerie des Ordres nationaux.

Une nouvelle stratégie entre Cameroun, Europe et diaspora

Avec « APPARENCES », Sergeo Polo ne mise pas uniquement sur la sortie musicale. Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de promotion combinant médias traditionnels, plateformes numériques, contenus digitaux, spectacles et mobilisation de la diaspora.

Le choix de mettre en avant les vidéos de fans, les reprises et les séquences de danse autour de « Baninga Mabé » traduit notamment la volonté de rapprocher davantage l’artiste de son public et d’utiliser les nouveaux codes de consommation musicale.

À plus de trente ans de ses débuts professionnels, Sergeo Polo entend ainsi démontrer que l’expérience peut continuer à dialoguer avec les nouveaux usages de l’industrie musicale.

Une rencontre placée sous le signe de la reconnaissance

Lors de cette conférence de presse, l’artiste a tenu à remercier les médias, journalistes, animateurs, blogueurs, invités et professionnels de la communication ayant répondu présents. Il a également salué le soutien de son équipe, de sa famille et de ses proches.

Une reconnaissance particulière a été adressée à Yvan Ango, Charles Fils Elangue et Aimée Catherine Moukouri, membres de l’équipe d’organisation, ainsi qu’au Restaurant-Cabaret Ô Saveurs et à son PDG, Julius, pour l’accueil de la rencontre.

Au-delà de la présentation d’un nouveau disque, cette conférence de presse aura donc permis de mesurer le chemin parcouru par un artiste dont la carrière s’étend désormais sur trois décennies.

Avec « APPARENCES », Sergeo Polo revendique une nouvelle fois une musique populaire, accessible et enracinée dans les réalités africaines. Entre les rythmes destinés à la fête et les textes qui interrogent les rapports humains, « Baninga Mabé (Makom Ma Bobé) » et « Regards Jaloux » dessinent les deux visages de ce nouveau chapitre : celui de la communion avec le public et celui du regard porté sur une société faite, elle aussi, d’apparences.

VICTOR ESSO TIKI 

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