Coronavirus:Le Nouveau Monde qui s’annonce D’après le Prefet Pierre Ngahane
Je remercie mon ami Georges M. d’avoir exhumé un post que j’avais publié en avril 2015 sur la mutation de notre monde contemporain et l’influence du numérique et de la société d’information.
Je voudrais le revisiter à la lumière de l’ère Covid-19. Comme tout un chacun, je pense qu’il y aura un avant et un après.
Qui aurait pu imaginer près d’un tiers de la planète à l’arrêt ? qui aurait pu imaginer une fermeture des frontières dans l’espace de l’Union européenne ? Qui aurait pu imaginer 2/3 de notre économie à l’arrêt sur plusieurs semaines ? Même dans un film de sciences fictions, on aurait plaidé pour l’imagination débordante et irréaliste de ce que nous vivons actuellement.
Alors que nous pouvions déjà constater que le monde avait changé, que nous étions entrés de plain-pied dans le 21ème siècle, que jamais le monde n’avait été autant ouvert, que jamais l’information n’avait autant été facile d’accès, la pandémie du Covid-19 est venue, tel un choc exogène, nous remettre brutalement sur une perspective et certainement une trajectoire nouvelles.
Il y aura sans aucun doute un avant et un après crise du Covid-19.
Je pense sans prendre trop de risque pouvoir dire que beaucoup de pays vont revenir à une conception davantage protectrice de leurs industries stratégiques. La crise actuelle a montré les limites d’une société de consommation dominée par les prix (les moins chers). Elle a montré les limites d’une stratégie industrielle qui ne tienne pas compte des enjeux de souveraineté nationale. Les difficultés d’approvisionnement sur les équipements médicaux, les médicaments ou tout simplement les équipements de protection individuelle (gels hydroalcooliques, masques, blouses, lunettes, charlottes, tabliers,…etc) m’emmènent à penser que nous ferons autrement dorénavant et légitimement.
Depuis le début de la crise nous avons appris et continuons à apprendre. On peut imaginer que le retour à la normale puisse changer beaucoup de choses, des plus simples aux plus complexes.
Par exemple, pour éviter les prochaines grippes et autres maladies à venir, j’imagine que certaines personnes éviteront demain de se saluer par la main où se faire la bise ! Nous avons appris à travailler à distance. J’imagine que dans certaines administrations et entreprises, le choix du travail à distance ne sera plus exceptionnel ! Prenons même le système éducatif, on pourrait l’imaginer davantage sur un modèle de travail à distance pour une partie des élèves ou étudiants pendant que d’autres seraient en présentiel dans les établissements !
Je pense ne pas me tromper en disant que nous avons, à marche forcée, adapté nos modes de production et notre organisation de travail pour faire face à une crise inédite et sans précédent. Je n’ai pas de peine à imaginer que nous saurons individuellement et collectivement bousculer nos habitudes et adapter nos rapports sociaux et de production pour réinventer un nouveau monde.
Nos relations internationales futures n’y échapperont pas. Jamais on aurait pu imaginer avoir autant peu besoin des pays producteurs de pétrole !
Au moment où j’écris ce post, la pandémie se poursuit dans le monde. Certains pays commencent à en sortir avec prudence et d’autres attendent que la vague leur arrive !
C’est l’occasion qui nous est offerte de repenser le 21e siècle. Ce choc pandémique doit juste nous rappeler que notre humanité reste fragile. Les décès en masse resteront gravés à jamais dans notre mémoire collective. Ce choc nous rappelle la finitude de notre condition humaine et la responsabilité qui est la nôtre d’en prendre bien soin. En 1945 déjà, dans Regards sur le monde actuel, Paul Valéry écrivait : « Le temps du monde fini commence » et à Albert Jacquard d’en déduire dans un article publié dans Le Monde diplomatique, en mai 2004, et que je reprends bien à mon compte, que « il est urgent de tirer les conséquences de ce constat : nous entrons dans une phase nouvelle de l’histoire des êtres humains ».
Il doit y avoir un après au sortir de cette crise sanitaire inédite sur le choix de société que nous voulons à l’avenir. Sans aucun doute, une société plus humaine qui remet la condition de l’être humain au centre de nos politiques publiques comme un impératif catégorique au sens de Kant.
Préfet Pierre Ngahane/Victor Esso Tiki


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