🇨🇲Cameroun : le FMI met en garde contre la dérive budgétaire après une année électorale et le train de vie de l’Etat
Après la présidentielle 2025, les voyants macroéconomiques passent à l’orange au Cameroun. Dans son analyse récente, le Fonds monétaire international (FMI) alerte sur une dégradation préoccupante des équilibres budgétaires en 2025, portée par la hausse des dépenses publiques et le maintien d’un train de vie étatique jugé excessif.
Des chiffres qui inquiètent
Selon les projections du FMI, le déficit budgétaire pourrait dépasser 3,5 % du PIB en 2026, contre environ 2,8 % l’année précédente. Une dérive attribuée à l’envolée des dépenses courantes, en particulier après celles liées au cycle électoral : fonctionnement de l’administration, charges politiques, subventions exceptionnelles et dépenses sécuritaires.
Dans le même temps, la dette publique, déjà proche de 45 % du PIB, poursuit sa progression. Le service de la dette absorberait désormais près de 30 % des recettes budgétaires, réduisant d’autant les marges de manœuvre pour l’investissement et les politiques sociales.
Recettes sous tension, dépenses en roue libre
Côté recettes, le tableau reste contrasté. La pression fiscale plafonne autour de 13 % du PIB, bien en dessous de la moyenne africaine estimée à 16–18 %. L’économie informelle, qui représente plus de 80 % des emplois, continue de limiter l’élargissement de l’assiette fiscale, tandis que les exonérations et niches fiscales pèsent sur les rentrées de l’État.
Résultat : les dépenses progressent plus vite que les ressources. Les dépenses de fonctionnement captent près de 60 % du budget, laissant une part réduite aux investissements structurants pourtant indispensables à la croissance.
Le rappel à l’ordre du FMI
Face à cette trajectoire, le FMI appelle à une discipline budgétaire renforcée. L’institution recommande notamment :
- une réduction ciblée du train de vie de l’État ;
- une meilleure rationalisation des subventions ;
- un contrôle plus strict des dépenses électorales indirectes ;
- et une accélération des réformes fiscales pour mobiliser davantage de ressources internes.
L’objectif est clair : éviter un dérapage incontrôlé qui contraindrait, après l’élection, à un ajustement brutal aux conséquences sociales potentiellement explosives.
Une équation politique délicate
Pour l’exécutif camerounais, l’équation est sensible. Comment maintenir la stabilité sociale et financer les priorités politiques sans compromettre les équilibres macroéconomiques ? Le FMI prévient : chaque point de déficit supplémentaire aujourd’hui accroît la vulnérabilité de demain, dans un contexte international marqué par le durcissement des conditions de financement.
En filigrane, le message est sans ambiguïté. Au-delà des promesses présidentielles, la crédibilité économique du Cameroun se joue maintenant. Et pour le FMI, la soutenabilité budgétaire ne saurait être sacrifiée sur l’autel des urgences politiques.
VICTOR ESSO TIKI


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