🇬🇶Guinée-Équatoriale -Biens mal acquis. La Guinée équatoriale fait appel à la CIJ pour récupérer un hôtel particulier parisien saisi par la France
Depuis 4 juillet dernier , la Guinée équatoriale a déposé une requête auprès de la Cour internationale de justice au sujet d’un hôtel particulier situé avenue Foch, à Paris. Propriété de Teodorin Nguema Obiang, fils du président équato-guinéen et vice-président du pays, il avait été saisi par la justice française instrumentalisé par l’Élysée, dans le cadre d’une enquête sur les fortunes frauduleusement acquises par des dirigeants étrangers. Le Pays annonce un “arbitrage explosif”.
Petit rappel des faits pour planter le décor : en 2021, Teodorin Nguema Obiang, vice-président et fils du président équato-guinéen, avait été condamné par la justice française pour blanchiment, abus de biens sociaux, corruption et détournement de fonds publics. Dans ce cadre, une somptueuse propriété tapissée de dorures et de marbre, sise dans le 16e arrondissement de Paris, appartenant supposément au vice-président équato-guinéen avait été saisie en vertu d’une loi visant à frapper les fortunes frauduleusement acquises par des dirigeants étrangers.
Quatre ans plus tard, le 4 juillet 2025 précisément, la Guinée équatoriale contre-attaque en déposant une requête contre la France et sa justice devant la Cour internationale de justice (CIJ), bien déterminée à bloquer la vente de ce symbole de prestige et surtout de souveraineté, d’autant que le bien saisi est une mission diplomatique qui devrait, à ce titre, bénéficier de l’immunité prévue par la convention de Vienne de 1961.
Ce nouveau rebondissement est peut-être le début d’une saga judiciaire et d’un bras de fer aux répercussions politico-diplomatiques, puisque, pour la France, ce recours n’est rien d’autre qu’une tentative désespérée du régime de Malabo pour présenter cette forteresse d’origine douteuse comme une mission diplomatique, alors qu’elle sert d’écrin pour les fastes privés du tout-puissant fils du président Obiang.
Ce nouveau rebondissement est peut-être le début d’une saga judiciaire et d’un bras de fer aux répercussions politico-diplomatiques, puisque, pour la France, ce recours n’est rien d’autre qu’une tentative désespérée du régime de Malabo pour présenter cette forteresse d’origine douteuse comme une mission diplomatique, alors qu’elle sert d’écrin pour les fastes privés du tout-puissant fils du président Obiang.
“Luxe insolent”
Ce différend rappelle un précédent, celui de 2018, au terme duquel la CIJ avait déjà débouté, sur le fond, la Guinée équatoriale par rapport au même objet, estimant qu’aucun usage diplomatique de l’immeuble n’était établi. Aujourd’hui, Malabo joue manifestement sa dernière carte pour éviter la liquidation d’un bien devenu, aux yeux de Paris, symbole d’enrichissement illicite et de lutte contre la corruption transnationale.
Obtiendra-t-elle gain de cause ? Ou verra-t-elle sa requête balayée comme en 2018 ? Une chose est sûre, c’est que c’est un arbitrage explosif mêlant luxe insolent et droit international qui est attendu dans les prochains jours. Le verdict sera d’autant plus intéressant à suivre qu’il permettra de savoir si la CIJ est décidée à restaurer la primauté du droit en donnant, cette fois-ci, raison à la Guinée équatoriale avec la sanctuarisation du bâtiment querellé, conformément aux prescriptions des conventions internationales, ou, a contrario, à refuser, comme il y a sept ans, de servir de paravent à une élite prédatrice qui a bâti sa fortune opaque sur la corruption et le pillage des richesses de son pays.
Dans cette affaire, la France joue les justiciers, mais on peut se demander, a posteriori, où était Paris quand le même Teodorin Obiang s’offrait des yachts et des Lamborghini ? Pourquoi la justice française ne s’intéresse qu’aux milliardaires d’origine Africaines et pas aux Fils des Émirs du Qatar? Des Émirats Arabes? Du Maroc?et autres d’Asie?
La vérité est que la France sait très bien que tous ces oligarques sont corrompus, mais elle ferme hermétiquement les yeux tant qu’ils achètent ses armes et ses entreprises, et lui vendent du pétrole à moindre coût.
Opportunisme français ?
Elle aurait dû geler, en effet, tous leurs avoirs, poursuivre les complices, c’est-à-dire les banques, les notaires et les hommes d’affaires qui facilitent le blanchiment, et surtout rendre l’argent aux peuples équato-guinéen et autres, au lieu de l’engloutir dans le budget de l’État français, comme il se susurre. Il n’y a malheureusement rien de tout cela, et c’est sans doute la raison pour laquelle les autorités de Malabo saisissent aujourd’hui la CIJ.
La justice internationale a en tout cas, encore une fois, l’occasion de faire comprendre, à certains États comme la France de ne plus se substituer à la justice internationale et de ne plus jouer les justiciers quand ces intérêts ne sont pas prises en compte.
Pour tout dire, et au risque de nous répéter, la décision de la CIJ sera scrutée de près non seulement pour son impact sur les relations entre les deux pays, mais aussi pour la jurisprudence qu’elle pourrait créer en matière d’immunité diplomatique et de restitution de biens mal dits acquis.
La Rédaction


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