🇨🇲🇩🇪CAMEROUN – COOPÉRATION INTERNATIONALE : MARTIN ROSE GLEISBAU RENFORCE LES CAPACITÉS DE FORMATION FERROVIAIRE DE L’IMEFAC À DOUALA
À travers un important don de matériel didactique et un programme de 80 bourses de formation, le groupe familial allemand Martin Rose Gleisbau accompagne le développement des compétences locales dans les métiers du rail. Une initiative qui illustre la portée du partenariat entre coopération internationale, transfert de technologies et développement du capital humain au Cameroun.


Le secteur ferroviaire camerounais franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de formation professionnelle. À Douala, l’Institut de formation professionnelle aux métiers ferroviaires en Afrique centrale (IMEFAC) bénéficie désormais d’un important équipement didactique offert par Martin Rose Gleisbau, un groupe familial allemand fort de 77 années d’expérience dans les infrastructures ferroviaires. La remise officielle de ce matériel, intervenue le samedi 31 octobre 2026, marque une avancée significative dans la coopération technique entre l’Allemagne et le Cameroun, particulièrement dans le domaine de la formation aux métiers du rail.
La cérémonie, organisée au siège de l’IMEFAC, dans le quartier Cité de la Paix à Douala, s’est déroulée sous la présidence de Dawaye Tguessa Tôbou, délégué régional du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP) pour le Littoral. Celui-ci représentait le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle par intérim, Mounouna Foutsou.

Au-delà de la remise d’équipements, cette initiative traduit une ambition structurante : développer une expertise technique nationale capable d’accompagner la modernisation, la maintenance et l’extension du réseau ferroviaire camerounais.
Un partenariat industriel fondé sur le transfert de compétences
Présent au Cameroun depuis seize ans, Jens Rose, directeur général de Martin Rose Gleisbau, inscrit cet engagement dans une démarche de coopération durable. L’entreprise allemande, spécialisée dans les travaux ferroviaires et les infrastructures de voie, entend mettre son expérience au service de la formation d’une nouvelle génération de techniciens camerounais.
« Un train ne peut rouler aussi bien que l’état des rails le permet », a rappelé Jens Rose, résumant ainsi l’importance stratégique de la maintenance des infrastructures dans la performance et la sécurité de l’exploitation ferroviaire.
Pour le dirigeant allemand, le choix de l’IMEFAC repose notamment sur le sérieux de l’établissement et sa volonté de transmettre des compétences opérationnelles aux jeunes apprenants. Une démarche qui s’inscrit dans une logique de partenariat public-privé, où l’investissement dans le capital humain constitue un préalable à la compétitivité des infrastructures.
La deuxième phase de ce programme de coopération vient ainsi consolider les engagements précédemment établis avec les autorités camerounaises. Elle témoigne également de la possibilité de mobiliser l’expertise étrangère au profit du développement des capacités techniques locales.

80 bourses pour répondre aux besoins du marché ferroviaire
L’un des principaux volets de cette initiative concerne le lancement d’un programme de formation de 80 jeunes bénéficiaires de bourses, répartis en deux cohortes de 40 apprenants.
Trois spécialités techniques ont été retenues pour répondre aux besoins actuels et futurs de l’industrie ferroviaire :
- 15 techniciens spécialisés dans la maintenance de la voie ferrée ;
- 15 soudeurs aluminothermiques ;
- 10 opérateurs de maintenance.
Cette répartition sera appliquée à chacune des deux vagues de formation.
Le dispositif pédagogique repose sur une approche axée sur les compétences, avec une prédominance de l’apprentissage pratique : 70 % du temps de formation seront consacrés aux travaux de terrain et aux exercices techniques, contre 30 % réservés aux enseignements théoriques.
À l’issue du parcours, les apprenants seront évalués en vue de l’obtention de Certificats de qualification professionnelle (CQP).
Cette orientation répond à une problématique majeure du secteur : réduire l’écart entre les qualifications théoriques et les compétences effectivement recherchées par les entreprises ferroviaires. L’objectif est de former des profils immédiatement opérationnels, maîtrisant les procédures d’intervention, les exigences de sécurité et les techniques modernes d’entretien des infrastructures.

Camrail et le Fonds national de l’emploi au cœur de l’insertion professionnelle
L’originalité du programme réside également dans son articulation avec les perspectives d’emploi. L’IMEFAC travaille notamment avec Camrail, opérateur du réseau ferroviaire camerounais, ainsi qu’avec le Fonds national de l’emploi (FNE), afin de rapprocher les formations des besoins réels des entreprises.
Cette démarche favorise une meilleure adéquation entre l’offre de formation et la demande de compétences du marché du travail. Elle permet également d’envisager les parcours d’insertion professionnelle dès la conception des programmes pédagogiques.
Les résultats déjà enregistrés constituent un indicateur encourageant. Selon les données communiquées par l’institut, 90 % des apprenantes formées à la maintenance de la voie ferrée depuis 2021 ont intégré Socarrema.
La présence de 25 jeunes femmes parmi les nouveaux bénéficiaires des bourses constitue, par ailleurs, un signal fort en faveur de la féminisation des métiers techniques et industriels. Longtemps considérés comme des domaines essentiellement masculins, les métiers ferroviaires offrent désormais des perspectives de qualification et d’insertion à une nouvelle génération de professionnelles.
Pour les autorités en charge de la formation professionnelle, cette évolution participe à la promotion de l’égalité des chances et à la diversification des profils dans les secteurs techniques.

Modernisation des infrastructures : de nouveaux besoins en expertise technique
L’initiative intervient dans un contexte d’évolution des standards techniques du secteur ferroviaire. Le promoteur de l’IMEFAC, Théophile Mountang, attire notamment l’attention sur la transition progressive des rails légers vers des profils plus lourds, notamment ceux de 54 kg par mètre linéaire, associés à des traverses plus résistantes.
Cette transformation technique implique une adaptation des méthodes de construction et de maintenance des voies. Elle nécessite notamment le recours accru à la mécanisation, à des équipements spécialisés et à des personnels capables de maîtriser les nouvelles technologies d’intervention.
Dans cette perspective, les programmes de formation de l’IMEFAC intègrent des modules de topographie ferroviaire, de maintenance de la voie et de soudure aluminothermique, avec une ouverture vers la soudure électrique des rails.
Du côté de Martin Rose Gleisbau, la mécanisation constitue également un axe stratégique. Jens Rose estime que l’amélioration des équipements et des procédés techniques permettra d’accélérer les travaux de rénovation des infrastructures et d’améliorer la productivité des chantiers ferroviaires.
Le passage vers des rails de 50 à 54 kg par mètre, contre des profils plus légers encore présents sur certaines sections du réseau, représente ainsi un enjeu d’adaptation industrielle et de montée en compétences.
La formation professionnelle, levier de souveraineté infrastructurelle
Représentant le gouvernement, Dawaye Tguessa Tôbou a salué cette contribution au renforcement du système national de formation professionnelle. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de préserver les équipements remis à l’institut, afin que leur utilisation puisse bénéficier non seulement aux apprenants actuels, mais également aux générations futures.
Cette recommandation souligne une dimension souvent sous-estimée des partenariats internationaux : la durabilité des investissements. Le transfert de matériel doit nécessairement s’accompagner de son entretien, de sa bonne utilisation et de la consolidation des compétences pédagogiques locales.
À terme, l’ambition de l’IMEFAC est de faire de Douala un véritable pôle d’excellence dans la formation aux métiers ferroviaires en Afrique centrale, avec la perspective de contribuer à l’émergence d’ingénieurs et de techniciens « made in Cameroon ».
Cette ambition prend une résonance particulière au regard des perspectives de développement des infrastructures de transport dans le pays. Les projets de modernisation du réseau existant, les besoins de maintenance et les ambitions de mobilité urbaine, notamment autour du projet de tramway évoqué pour Douala, rendent indispensable la disponibilité d’une main-d’œuvre hautement qualifiée.

Un investissement dans le capital humain au service du développement
Au-delà de son apport matériel, l’engagement de Martin Rose Gleisbau auprès de l’IMEFAC pose les bases d’une coopération axée sur la transmission du savoir-faire industriel et la valorisation des ressources humaines locales.
Pour le Cameroun, l’enjeu consiste désormais à transformer ces initiatives en capacités nationales durables, capables de soutenir les investissements dans les infrastructures, de réduire la dépendance à l’expertise extérieure et de favoriser l’émergence d’un écosystème ferroviaire compétitif.
La formation des jeunes aux métiers de la voie ferrée apparaît ainsi comme un investissement stratégique, à la croisée de la politique de l’emploi, de la politique industrielle et de la modernisation des transports.
Car, comme le souligne Théophile Mountang, « un pays ne peut pas se développer sans chemin de fer ». Une conviction qui rappelle que la performance d’un réseau ferroviaire ne repose pas uniquement sur les infrastructures physiques, mais aussi sur la qualité des femmes et des hommes chargés de les construire, de les entretenir et de les exploiter.
VICTOR ESSO TIKI


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