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🇨🇲Cameroun-Ngondo 2026 : « EPENE », l’éveil d’un peuple et d’un monde en mutation

Douala, 27 avril 2026. Au cœur du Palais de la culture Sawa, la solennité le disputait à la ferveur identitaire. C’est dans ce haut lieu du patrimoine côtier que s’est tenue la conférence de presse annonçant le thème de l’édition 2026 du Ngondo : « EPENE », un mot dense, presque initiatique, qui signifie l’éveil. Une thématique qui, au-delà de son ancrage culturel, résonne comme un appel universel dans un monde traversé par des bouleversements multiples.

Sous la présidence effective de Sa Majesté Épée Mbodi, président en exercice du Ngondo, la rencontre a réuni les figures majeures de l’institution : le secrétaire général Pamphile Yobe, le président de la Ngondo Foundation Georges Dooh Collins, ainsi que de nombreuses personnalités du monde Sawa, parmi lesquelles la remarquée Michèle Esso.

Une sémiotique de l’éveil, entre mémoire et projection

L’introduction du thème par le secrétaire général s’est voulue à la fois philosophique et profondément enracinée dans les traditions Sawa. « EPENE » ne renvoie pas seulement à une prise de conscience individuelle ; il incarne une vigilance collective, une capacité à lire les signes du temps et à anticiper les mutations.

Dans son propos, Pamphile Yobe a rappelé que les ancêtres avaient, lors de la dernière messe de l’eau sur le fleuve Wouri, livré des messages prémonitoires sur les bouleversements actuels.

« C’est dans cette perspective que ce thème a été choisi… Il nous invite à rester agiles, proactifs, mais surtout à demeurer des mendiants de la paix. »

Cette articulation entre tradition et contemporanéité illustre la vocation du Ngondo : être à la fois gardien de la mémoire et vigie du présent.

Un patrimoine local à portée universelle

Pour Georges Dooh Collins, le message de l’éveil dépasse largement les frontières communautaires

« Le message subliminal de l’éveil ne saurait être circonscrit aux enfants Sawa… Le Ngondo est aujourd’hui un patrimoine immatériel reconnu, et face aux crises du monde, il appelle tous les humanistes à rester en éveil pour éviter que le monde ne sombre. »

De fait, le Ngondo, assemblée traditionnelle du peuple Sawa — qui s’étend de Campo à Mamfé le long des côtes et contreforts camerounais — s’affirme désormais comme une plateforme culturelle à dimension globale.

Une célébration entre rites, transmission et modernité

Au-delà du thème, les échanges avec la presse ont permis d’esquisser les contours de l’édition 2026. Le calendrier restera fidèle à la tradition :

  • Dès mai, la tournĂ©e des cantons amorcera la dynamique communautaire
  • Jusqu’en dĂ©cembre, les activitĂ©s s’enchaĂ®neront entre danses patrimoniales, courses des pirogues, lutte traditionnelle, concours culturels et promotion des langues locales
  • Point d’orgue, la mythique messe de l’eau sur le Wouri, moment de communion spirituelle et identitaire

Les journalistes ont néanmoins insisté sur la nécessité d’une communication plus inclusive et continue, afin d’accompagner la montée en puissance internationale de l’événement.

Le Ngondo, entre héritage et alerte contemporaine

Festival identitaire, espace de transmission intergénérationnelle, mais aussi agora de réflexion sur les enjeux du temps, le Ngondo confirme son statut singulier. À travers « EPENE », il se positionne comme une boussole culturelle dans un monde en perte de repères.

L’éveil, ici, n’est pas un slogan : c’est une injonction. Une invitation à regarder au-delà du visible, à écouter la voix des ancêtres et à agir avec lucidité dans le présent.

En 2026, le Ngondo ne célèbre pas seulement une tradition. Il interpelle le monde.

VICTOR ESSO TIKI 

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