A LA UNEPolitiqueToute l'Actualité

🇨🇲CAMEROUN – VIE POLITIQUE : 44 ANS DE PAUL BIYA, LE RDPC DE WOURI 2 ENTRE CÉLÉBRATION DE LA STABILITÉ ET MOBILISATION ÉLECTORALE

À Douala, la commémoration des 44 années de Paul Biya à la tête de l’État a pris les allures d’une démonstration de cohésion et de mobilisation politique. Portée par Me Denise Fampou et relayée par Frithz Ntone Ntone, la rencontre organisée par l’OFRDPC du Wouri 2 a surtout servi de tribune pour réaffirmer la fidélité au chef de l’État et préparer les prochaines échéances électorales.

La Presidente de l’OFRDPC Denise Fampou Tchaptchet

Quarante-quatre ans après son accession à la magistrature suprême, le 6 novembre 1982, Paul Biya reste le principal point de convergence du discours politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). À Douala, la célébration de cet anniversaire a donné lieu à une importante mobilisation militante dans l’arrondissement de Douala 2e, où la sous-section de l’Organisation des femmes du RDPC (OFRDPC) du Wouri 2 a organisé une manifestation placée sous le signe de la fidélité politique, de la stabilité institutionnelle et de la préparation des batailles électorales à venir.

Conduite par sa présidente, Me Denise Fampou, par ailleurs maire de la commune de Douala 2e, cette rencontre a dépassé le cadre d’une simple commémoration historique. Elle a constitué une véritable opération de remobilisation de la base militante, dans un contexte où le parti au pouvoir entend consolider son ancrage territorial à l’approche des prochaines consultations électorales.

Le President de Section Honorable Emmanuel Pongoh mobilise les troupes pour les prochaines échéances

La stabilité comme argument politique

Dans son adresse aux militantes, Me Denise Fampou a inscrit la longévité politique du président Paul Biya dans une lecture à la fois spirituelle et politique du pouvoir. S’appuyant sur le principe selon lequel « tout pouvoir vient de Dieu », elle a invité les militantes à considérer les 44 années de gouvernance du chef de l’État comme une expression de continuité et d’expérience.

Face aux critiques régulièrement formulées par l’opposition sur la durée du magistère présidentiel, la responsable politique a privilégié l’argument de la maturité institutionnelle. « Quarante-quatre ans, c’est la sagesse, c’est la force de l’expérience », a-t-elle soutenu, invitant les militantes à ne pas céder aux discours prônant une rupture politique radicale.

Dans son argumentaire, la paix et la stabilité ont occupé une place centrale. Évoquant les crises sécuritaires et les conflits qui affectent plusieurs pays du continent, Me Denise Fampou a appelé à la préservation des acquis du Cameroun. Un discours qui traduit l’un des principaux ressorts de la communication politique du RDPC : présenter la continuité au sommet de l’État comme un facteur de stabilité nationale dans un environnement régional incertain.

Plus de 1000 Militants étaient presents

Les femmes, levier de l’ancrage territorial du RDPC

Autre axe majeur de cette mobilisation : la place des femmes dans la gouvernance et la vie politique nationale. S’adressant aux militantes, qualifiées d’« Amazones » du parti, Me Denise Fampou a mis en avant les avancées enregistrées dans la participation féminine aux sphères de décision.

Elle a notamment valorisé les opportunités offertes aux femmes dans les administrations publiques, les collectivités territoriales décentralisées et les instances politiques, en présentant cette évolution comme l’un des marqueurs de l’action du président Paul Biya.

Au-delà de la célébration du leadership présidentiel, cette séquence révèle également l’importance stratégique de l’organisation féminine dans le dispositif territorial du RDPC. À travers ses structures de proximité, le parti s’appuie sur les militantes pour entretenir la mobilisation, renforcer la présence sur le terrain et maintenir les réseaux de fidélité politique.

La présidente de la sous-section a également élargi son intervention aux enjeux de gouvernance locale. Prenant l’exemple de la salubrité urbaine et de l’hygiène publique, elle a rappelé que l’amélioration du cadre de vie ne saurait relever exclusivement des pouvoirs publics. Elle nécessite, selon elle, une implication active des populations aux côtés des exécutifs communaux.

Cet appel à la responsabilité citoyenne a été accompagné d’un hommage aux initiatives sociales de la première dame, Chantal Biya, notamment à travers ses actions humanitaires.

2026-2027 : le RDPC prépare déjà le terrain électoral

Mais derrière les discours commémoratifs, l’enjeu politique de la rencontre était clairement identifiable : transformer la ferveur militante en capacité de mobilisation électorale.

Prenant la parole, Frithz Ntone Ntone, chef de la délégation permanente du comité central du RDPC pour le Wouri 2, a replacé cette célébration dans la dynamique des orientations stratégiques du parti, notamment celles issues du séminaire du 22 juin 2026.

Le message adressé aux militants est sans ambiguïté : renforcer l’implantation du parti sur le terrain et préparer les conditions d’une large victoire aux prochaines élections législatives et municipales.

Dans un registre résolument mobilisateur, le responsable politique a comparé les prochaines échéances à un « grand match final ». Une métaphore sportive destinée à rappeler aux militants la nécessité de maintenir la cohésion, de renforcer la discipline organisationnelle et de consolider le maillage politique dans les quartiers et les différentes unités de base.

Cette orientation traduit une préoccupation centrale pour le RDPC : préserver ses positions électorales dans un environnement politique où la compétition impose une mobilisation permanente des structures locales.

Une commémoration à forte portée stratégique

À Wouri 2, les 44 années de pouvoir de Paul Biya auront ainsi servi de catalyseur à une double opération politique : célébrer la continuité présidentielle et réactiver les mécanismes de mobilisation partisane.

Pour Me Denise Fampou et Frithz Ntone Ntone, l’enjeu consiste désormais à faire de la fidélité affichée au chef de l’État une force organisationnelle capable de se traduire dans les urnes.

Dans la perspective des échéances de 2026-2027, la mobilisation de Douala 2e apparaît donc comme un signal adressé à la hiérarchie du parti : dans le Wouri 2, les responsables locaux entendent maintenir la machine militante en ordre de bataille.

Reste à savoir si cette démonstration de cohésion saura se convertir en adhésion électorale au-delà du cercle des militants. Car, dans une démocratie, la force d’un appareil politique ne se mesure pas uniquement à sa capacité de mobilisation, mais également à sa faculté de convaincre les électeurs.

VICTOR ESSO TIKI 

Laisser un commentaire