🇨🇲CAMEROUN – DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL : SAMUEL NJANGA KONDO RECONDUIT À LA TÊTE DU SYNDUSTRICAM, CAP SUR UNE INDUSTRIE PLUS COMPÉTITIVE
Gouvernance patronale, compétitivité, transformation locale et dialogue public-privé : réélu pour le mandat 2026-2029 à l’issue de l’Assemblée générale élective du 5 novembre à Douala, Samuel Njanga Kondo Ngande entend faire du Syndicat des industriels du Cameroun (SYNDUSTRICAM) une organisation plus représentative, plus influente et davantage tournée vers les résultats. Une reconduction qui intervient dans un environnement économique marqué par la pression sur les coûts de production, les contraintes énergétiques et les défis structurels de l’industrialisation.

Le Syndicat des industriels du Cameroun (SYNDUSTRICAM) ouvre un nouveau chapitre de son histoire. À l’issue de son Assemblée générale élective tenue le jeudi 5 novembre 2026 à l’hôtel Makèpè Palace de Douala, Samuel Njanga Kondo Ngande a été reconduit à la présidence de l’organisation pour un nouveau mandat de trois ans, couvrant la période 2026-2029.
Portée par la liste « CAP INDUSTRIE 2029 », cette réélection traduit la volonté de poursuivre la consolidation institutionnelle engagée au cours du précédent mandat, tout en donnant une nouvelle dimension à la représentation des intérêts industriels au Cameroun.
Mais derrière le renouvellement des instances dirigeantes, l’enjeu est autrement plus stratégique : repositionner le SYNDUSTRICAM comme un interlocuteur incontournable des pouvoirs publics et un véritable instrument de compétitivité au service des entreprises industrielles.
Une feuille de route articulée autour de trois ambitions
Le projet porté par Samuel Njanga Kondo repose sur trois orientations majeures : consolider les acquis institutionnels du syndicat, élargir sa représentativité et renforcer les services proposés aux entreprises membres.
La première ambition consiste à renforcer le positionnement institutionnel du SYNDUSTRICAM en tant qu’organisation patronale indépendante, crédible et techniquement influente. Il s’agit notamment de structurer davantage le dialogue avec les administrations publiques, de défendre les intérêts des industriels dans les instances de concertation et de faire entendre une voix collective sur les politiques fiscales, énergétiques, commerciales et industrielles.
La deuxième priorité concerne l’élargissement de la base adhérente. Le nouveau bureau entend accorder une place plus importante aux PME et PMI, dont la participation à la dynamique industrielle demeure essentielle. Cette démarche vise également à renforcer la représentativité sectorielle du syndicat et à mieux intégrer les préoccupations des différentes catégories d’entreprises.
Le troisième axe porte sur l’amélioration des services aux membres. Formation, accompagnement technique, information économique, facilitation des partenariats, accès aux opportunités commerciales et financières : le SYNDUSTRICAM ambitionne de devenir davantage qu’une organisation de représentation patronale, en développant une véritable plateforme de services.
Cette orientation se décline dans les six engagements présentés dans le document programmatique CAP INDUSTRIE 2029 : porter un plaidoyer industriel plus structuré, développer les services aux entreprises, faire des PME et PMI une priorité, promouvoir les partenariats et l’innovation, renforcer la représentativité du syndicat et consolider sa gouvernance.
Une industrie camerounaise sous pression
Cette nouvelle mandature s’ouvre dans un contexte particulièrement exigeant pour les opérateurs industriels.
Dans son discours d’ouverture, Samuel Njanga Kondo a dressé un diagnostic sans complaisance de l’environnement économique. Si la croissance camerounaise est estimée à 3,5 % en 2025 selon les données de l’Institut national de la statistique, cette performance macroéconomique ne se traduit pas encore par un renforcement suffisamment significatif des capacités productives nationales.
Le président du SYNDUSTRICAM a notamment relevé la progression des coûts de production, les difficultés d’approvisionnement, les contraintes énergétiques, la pression fiscale et administrative, les problèmes d’accès au financement et la concurrence des importations.
La question énergétique demeure particulièrement préoccupante. Pour les industriels, les interruptions de fourniture électrique et la qualité insuffisante du service constituent des obstacles directs à la productivité. Le recours aux groupes électrogènes entraîne des charges supplémentaires qui affectent la compétitivité des unités de production.
À ces difficultés s’ajoutent les contraintes logistiques, l’accès au foncier industriel, la disponibilité des matières premières, la fraude et la contrebande.
Sur le plan du pouvoir d’achat, le président du SYNDUSTRICAM a également attiré l’attention sur le décalage entre le ralentissement statistique de l’inflation et la réalité vécue par les ménages. Selon les chiffres évoqués dans son intervention, la hausse cumulée des prix entre 2022 et 2025 aurait atteint 23,3 %, avec une progression de 41,8 % pour les produits alimentaires et de 35,8 % pour les transports.
Un environnement qui place les entreprises devant une équation complexe : préserver les emplois, répondre aux attentes salariales et maintenir leurs investissements, alors même que leurs marges de manœuvre se réduisent.

L’import-substitution, au-delà du discours
Sur le terrain des politiques industrielles, Samuel Njanga Kondo a réaffirmé la nécessité de transformer l’import-substitution en une véritable stratégie économique opérationnelle.
Pour le patronat industriel, la promotion du Made in Cameroon ne peut produire des résultats durables sans une amélioration substantielle de l’environnement de production.
« L’import-substitution ne peut demeurer un simple slogan », a-t-il défendu dans son adresse aux représentants des administrations publiques et aux partenaires économiques.
Le plaidoyer du SYNDUSTRICAM repose notamment sur la disponibilité d’une énergie fiable, une fiscalité prévisible, la simplification des procédures administratives, une logistique compétitive, l’accès au financement industriel et une commande publique davantage ouverte aux producteurs locaux.
Le syndicat insiste également sur la nécessité d’une lutte plus efficace contre les pratiques commerciales déloyales, la fraude et la contrebande.
À l’endroit des institutions financières, le message est tout aussi explicite : l’industrie ne peut être financée selon les mêmes mécanismes que les activités commerciales de court terme. Les investissements productifs nécessitent des ressources longues, des mécanismes de garantie adaptés et une meilleure prise en compte des cycles d’exploitation des entreprises.
Le président du SYNDUSTRICAM appelle ainsi à un changement de méthode dans le dialogue public-privé. Les concertations ne devraient plus être évaluées au nombre de réunions organisées ou de recommandations formulées, mais à partir des réformes effectivement appliquées, des délais administratifs réduits, des coûts abaissés et des investissements débloqués.

12 nouvelles unités industrielles mises en service en 2025
Malgré les contraintes, le rapport d’activités 2025 du SYNDUSTRICAM met en évidence plusieurs signaux encourageants pour l’appareil productif national.
Selon ce document, une douzaine d’unités industrielles ont été mises en service au cours de l’année, traduisant une certaine résilience de l’investissement productif.
Parmi les réalisations recensées figurent notamment la mine de fer de Bipindi-Grand Zambi, l’usine de clinker de CIMENCAM à Figuil, les installations de boissons de Tiko, la cimenterie de Sinacim à Edéa, l’unité d’engrais Hydrochem à Bonabéri, la raffinerie d’huile de SCS-ALID à Douala et Central Africa Cement à Edéa.
Le rapport fait également état d’une progression de 21,2 % des exportations manufacturières, passées de 106,2 à 128,6 milliards de FCFA. Les exportations de savon, de bouteilles et flacons, de tôles en aluminium et de boissons gazeuses figurent parmi les segments ayant contribué à cette évolution.
Ces performances restent toutefois à consolider. Les produits manufacturés ne représentent encore qu’une part limitée des exportations nationales, tandis que les produits primaires continuent de dominer la structure des ventes extérieures du Cameroun.
Le SYNDUSTRICAM voit donc dans la transformation locale des ressources naturelles un levier majeur de création de valeur ajoutée, d’emplois et de souveraineté économique.
Une situation financière à consolider
Autre chantier important de la nouvelle mandature : la consolidation des ressources financières du syndicat.
Le rapport financier 2025 fait ressortir un résultat net positif de 6,43 millions de FCFA, contre 20,67 millions de FCFA en 2024. Cette baisse s’explique notamment par le recul de 24,2 % des cotisations facturées, qui sont passées de 76 millions à 57,57 millions de FCFA.
Le document souligne également une trésorerie de 3,93 millions de FCFA et des créances sur les adhérents de près de 96 millions de FCFA. Ces dernières représentent 86,6 % de l’actif circulant, constituant un point de vigilance pour la soutenabilité financière de l’organisation.
Face à cette situation, Samuel Njanga Kondo a appelé les entreprises membres à davantage de discipline financière et d’implication dans la vie syndicale.
Pour lui, la cotisation ne saurait être considérée comme une simple contribution administrative, mais comme la condition de l’indépendance et de la capacité d’action collective du syndicat.
Un message qui traduit une volonté de renforcer les fondements économiques de l’organisation afin de lui permettre de financer ses expertises, ses activités de plaidoyer, ses formations et ses services aux adhérents.

Partenariats, innovation et ouverture régionale
La nouvelle équipe entend également inscrire son action dans une dynamique de coopération plus large.
L’Assemblée générale a notamment été marquée par des exposés techniques consacrés aux mécanismes d’accompagnement des entreprises, à la médiation et à l’arbitrage, ainsi qu’à la titrisation des créances du secteur privé.
La signature d’une convention de partenariat entre le SYNDUSTRICAM et le Groupement des transporteurs terrestres du Cameroun (GTTC) constitue également l’un des temps forts de cette rencontre. Elle ouvre des perspectives de collaboration entre le secteur industriel et celui du transport, deux maillons essentiels de la compétitivité économique.
Le syndicat entend par ailleurs renforcer ses partenariats avec les institutions financières, les organisations professionnelles, les organismes de formation et les acteurs du développement industriel.
L’objectif est notamment de faciliter l’accès des entreprises aux financements, aux technologies, aux marchés et aux opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Un mandat attendu sur les résultats
Au-delà des ambitions affichées, le véritable défi du mandat 2026-2029 sera celui de la traduction opérationnelle des engagements.
La nouvelle gouvernance devra notamment élargir la base adhérente, améliorer le recouvrement des cotisations, renforcer la participation des entreprises et structurer un plaidoyer davantage fondé sur les données économiques et les réalités sectorielles.
Le nouveau bureau hérite ainsi d’une organisation qui a consolidé sa présence institutionnelle, développé ses outils de communication avec les Chroniques de l’Industrie et renforcé ses capacités de représentation, mais qui doit encore démontrer sa capacité à transformer cette influence en avancées concrètes pour les entreprises.
La reconduction de Samuel Njanga Kondo intervient donc à un moment charnière pour l’industrie camerounaise. Dans un environnement régional marqué par les ambitions de diversification économique et la compétition pour les investissements, la capacité des organisations patronales à peser sur les politiques publiques devient un facteur déterminant.
Pour le SYNDUSTRICAM, l’enjeu n’est plus seulement de défendre les intérêts des industriels, mais de contribuer activement à la construction d’un modèle productif capable de transformer davantage les ressources locales, de créer des emplois durables et de conquérir les marchés régionaux.
CAP INDUSTRIE 2029 porte ainsi une ambition claire : faire du SYNDUSTRICAM une force de proposition plus influente et un partenaire stratégique de la transformation industrielle du Cameroun. Le nouveau mandat sera jugé à l’aune de sa capacité à faire passer les engagements aux résultats.
VICTOR ESSO TIKI


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