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COUPE DU MONDE DE FOOTBALL QATAR 2022: BILAN A MI-PARCOURS

Le premier tour de la World Cup FIFA 2022 vient de s’achever avec ses 36 matches sur les 64 de l’ensemble de la compétition, et l’on peut déjà ébaucher un bilan qualitatif qui tient en 5 rubriques :

• L’absence de carton plein des favoris;

• Le déclin de certaines grandes nations;

• L’Afrique : pas mal, mais pouvait mieux faire;

• Quelques avancées organisationnelles et technologiques;

• Quelques notes de fair-play et d’amitié entre les hommes.

1. AUCUNE GRANDE NATION N’A REALISE LE CARTON PLEIN

Aucune équipe n’a réussi à remporter tous ses matches, une première depuis USA 1994. Et plus spécifiquement, aucune des « grandes nations » n’a pu sans sortir sans aucune défaite en 3 matches:

• L’Allemagne a perdu face au Japon (1-2), en oubliant de « jouer au football ».

• L’Argentine s’est fait surprendre par l’Arabie Saoudite (1-2) suite à un alignement des planètes (dixit Hervé RENARD).

• La Belgique a été défaite par le Maroc (0-2), sur fond de tensions entre certains joueurs belges.

• L’Espagne a trébuché face au Japon (1-2) et s’est même retrouvée virtuellement éliminée pendant 3 ou 4 petites minutes après que le Costa Rica eu pris l’avantage sur l’Allemagne.

• Le Brésil et la France ont perdu respectivement contre le Cameroun (0-1) et la Tunisie (0-1). On parlera certes d’équipes remaniées car déjà qualifiées, mais une défaite reste une défaite.

2. LE DECLIN DE CERTAINS « GRANDS »

Le déclin inéluctable de certaines « grandes nations » s’est confirmé.

Le déclin de la National Mannschaft, entamé en réalité après la Coupe du Monde 2006, s’est confirmé. La génération dorée des OZIL, NEUER et MULLER a permis de créer un remous de surface avec le titre remporté en 2014, mais le déclin était plus profond, structurel et donc inéluctable; et il faudra attendre très longtemps pour revoir l’Allemagne dominer le monde du football.

En fait, le modèle allemand de gestion du football est similaire au modèle français de gestion du lawn-tennis : exemplaire pour le développement économique et social, mais assez médiocre pour développer l’élite, et donc les performances de très haut niveau. Enlevez le Bayern Munich, et c’est presque le désert.

S’agissant de la Belgique, on peut constater que la « génération dorée » a atteint ses limites « biologiques ». Cela n’est pas sans rappeler les « Oranje » des années 70 (Cruijff, Neskeens, Krol, Rep, etc). C’est parfois le propre des « générations dorées » de ne pas savoir préparer la relève; question de gestion du football, et de management tout cours. Les spécialistes en stratégie d’entreprise vous parleront de la matrice du BCG.

3. L’AFRIQUE : PAS MAL, MAIS POUVAIT MIEUX FAIRE

On retiendra que l’Afrique a été reçue 2/5 à l’issue du premier tour grâce au Sénégal et au Maroc. Les Lions de la Teranga sont sortis victorieux du match d’évaluation ultime contre l’Equateur; les Lions de l’Atlas ont réussi à dominer la Belgique.

Deux pays africains en 1/8 de finales, c’est mieux qu’en 2018 où aucun représentant n’avait passé les poules, mais c’est la même chose qu’en 2014 où l’Algérie et le Nigéria avaient joué les 1/8 de finales.

Il était en outre possible de faire mieux. Il y aura ainsi les débats emprunts autant de passion que de raison sur la performance du Cameroun face à la Suisse, ou sur la manière des ghanéens d’aborder la rencontre face à l’Uruguay. Mais ceux qui ont été confrontés aux réalités du management en environnement hautement concurrentiel (télécoms par exemple) ou même aux réalités des conflits militaires, savent qu’à la fin, c’est le résultat qui est retenu (en comparaison bien-sûr avec l’objectif assigné).

Enfin à titre d’information, pour la Coupe du Monde 2026, il y aura 9 places pour l’Afrique. Cela ne fera certes passer le ratio que de 15,6% (5/32) à 18,7% (9/48), mais ce sera l’occasion de densifier la présence du continent au second tour, et plus tard de briser le fameux plafond de verre (1/2 finale)… si ce n’est pas fait cette année.

4. QUELQUES AVANCEES ORGANISATIONNELLES OU TECHNOLOGIQUES

J’ai retenu trois éléments à titre purement indicatif.

Primo, sous la houlette du mythique arbitre italien Pierluigi COLLINA, la décision a été prise et exécutée de rallonger le temps additionnel. De nombreux matches ont ainsi dépassé les 10 minutes d’arrêts de jeu afin de coller un peu mieux au temps de jeu effectif. Ainsi, 12 minutes de temps additionnels, c’est tout de même plus de 13% de 90 minutes; ce qui explique pourquoi plus de 25% des buts ont été inscrits après la 80ème minute, créant le genre de suspense qui fait la beauté du sport. On est encore loin des standards du basket-ball, mais les choses s’améliorent tout de même.

Secundo, les ballons intégraient des puces électroniques qui permettaient d’en suivre les déplacements, et ceci à des fins d’analyses techniques (Sports Analytics) ou de décisions arbitrales (franchissement des lignes). Un débat est d’ailleurs né à l’issue du match Japon-Espagne au cours duquel le ballon semblait être totalement sorti du terrain avant le centre ayant amené le second but nippon. Mais il s’était avéré qu’il y avait encore un micro-contact entre le ballon et la ligne de but, précision technologique oblige.

Tertio et sur un autre plan, les personnes présentes au Qatar ont pu bénéficier d’une mini-séance d’inauguration avant chaque match (pour ceux présents au stade), et d’une expérience immersive mimant la réalité (pour ceux qui se trouvaient dans les fans zones

5. QUELQUES NOTES DE FAIR-PLAY ET D’AMITIE ENTRE LES HOMM

Dans une compétition telle que celle-là, l’enjeu a l’habitude de tuer le jeu en raison de considérations financières ou de fierté patriotique. Malgré cela, nous avons pu observer quelques notes agréables qui nous rappellent que le football peut encore véhiculer des messages d’amitié et de bonheur entre les êtres humain

• Le gardien polonais SZCZESNY qui félicite l’argentin Angel Di MARIA pour sa tentative de but sur corner direct

• Vincent ABOUBAKAR qui reçoit le carton rouge le plus cool de l’histoire de la Coupe du Monde, illustration d’un respect réciproque entre l’attaquant camerounais et l’arbitre morocco-américain Ismail AL FATH

• Le fameux supporter qatari qui, malgré la défaite du pays organisateur en match d’ouverture, se trouve une petite amie équatorienne qui pourrait (je le souhaite en tout cas)  devenir sa fiancé dans quelques mois

• Le président libérien George WEAH (seule africain vainqueur du Ballon d’Or) qui, dans le couloir menant aux vestiaires, donne une belle accolade à son fils Thimothy WEAH qui jouait sous les couleurs de Team USA. Nous connaissons les liens historiques qui unissent ces deux pays

Et pour conclure

Finalement, il y a fort à parier que nous observerons comme d’habitude ce que les data scientists appellent une « régression vers la moyenne ». En effet, comme dans chaque Coupe du Monde depuis 1966, il y a eu quelques belles surprises au premier tour, mais c’est certainement l’un des favoris habituels qui soulèvera les 6 kg d’or (18 carats) et de malachite le 18 décembre 2022 lorsqu’il sera environ 20h00 au stade Lusail, 18h00 à Douala, 09h00 à Los Angeles, 04h00 à Sidney (19 décembre)… en cas d’absence de prolongations bien entendu.

Jean Jacques Essome Ebelle

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