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🇨🇲CAMEROUN-TOURNOI DE LA PAIX 2026:À New-Bell, Denise Fampou sacrée « Femme de la Paix », le football comme outil du vivre-ensemble

À Douala II, la 16e édition du Tournoi de la Paix a transformé une finale de football en véritable rendez-vous citoyen. Entre performance sportive, mobilisation populaire et reconnaissance du leadership féminin, New-Bell a célébré une autre manière de construire la cohésion sociale.

DOUALA — Dans les quartiers populaires, le football est rarement seulement une affaire de ballon rond. Il est un espace de rencontre, un marqueur d’identité, un outil de socialisation et, parfois, un étonnant laboratoire de cohésion sociale.

Dimanche 30 août 2026, le stade Fampou Dagobert de New-Bell, dans l’arrondissement de Douala II, en a offert une nouvelle illustration.

Pour la clôture de la 16e édition du Tournoi de la Paix, plusieurs générations se sont retrouvées autour d’une même scène : des joueurs, des supporters, des responsables associatifs, des autorités administratives et traditionnelles, des partenaires et des populations venues célébrer le sport, mais surtout le vivre-ensemble.

Parrainée par Jean Stéphane Biatcha, secrétaire général des Synergies Africaines, cette édition aura confirmé la capacité du sport de proximité à dépasser le simple cadre de la compétition pour devenir un instrument de dialogue et de rapprochement communautaire.

Deux finales, deux champions

Sur le terrain, les ambitions étaient clairement affichées.

Chez les dames, Unity a dominé Peace, 2-0, s’emparant du trophée au terme d’une finale maîtrisée.

Chez les hommes, Mbam Ewondo New-Bell/Bassa-New Bell Funkel a reproduit le même scénario face à Dernier Poteau New-Bell Haoussa/New-Bell Gare, avec une victoire 2-0.

Deux scores identiques, mais surtout deux succès qui viennent couronner plusieurs semaines de compétition et d’engagement.

La remise des médailles, des récompenses et des trophées a ensuite donné lieu à une véritable célébration populaire. Dans les tribunes comme autour de l’aire de jeu, les scènes de liesse ont rappelé une réalité souvent sous-estimée : dans les quartiers, le sport demeure l’un des rares espaces capables de réunir rapidement des publics issus d’horizons différents autour d’un objectif commun.

Depuis 2008, un pari sur la jeunesse

Le Tournoi de la Paix n’est pas une initiative nouvelle.

Depuis 2008, la compétition rassemble les jeunes de différents quartiers de Douala II. Seize éditions plus tard, son inscription dans le temps constitue en elle-même un indicateur de sa capacité à fédérer.

Son ambition est désormais plus large que la recherche d’un champion.

En mettant les jeunes au centre du dispositif, le tournoi défend une vision du sport comme école de discipline, de responsabilité et de respect de l’autre.

Un positionnement particulièrement stratégique dans une métropole comme Douala, où les initiatives locales capables d’occuper positivement la jeunesse représentent un enjeu majeur pour les collectivités.

Jean Stéphane Biatcha : le choix du sport comme investissement social

Le rôle du parrain a également donné à cette édition une dimension particulière.

Jean Stéphane Biatcha s’est félicité de l’engouement suscité par la compétition et de la mobilisation des jeunes. Son message : encourager cette génération à s’approprier le sport non seulement comme une activité physique ou un spectacle, mais comme un moyen de créer des liens et de promouvoir la paix.

Cette approche traduit une conception de plus en plus répandue du sport comme investissement social.

Un terrain de football peut ainsi devenir un espace où l’on apprend à gagner sans humilier, à perdre sans renoncer et à rivaliser sans se diviser.

Denise Fampou, une distinction à forte portée symbolique

L’autre moment fort de la soirée fut incontestablement la désignation de Denise Fampou, maire de Douala II, comme « Femme de la Paix » de Douala II.

Une distinction qui a pris une résonance particulière au milieu d’une manifestation consacrée précisément à la paix et au vivre-ensemble.

L’édile, visiblement surprise et émue, a rendu hommage au parrain du tournoi pour son accompagnement depuis son accession à la tête de la commune.

« Je pense que tout est bien qui finit bien. La surprise, c’était que c’est moi qu’on désigne Femme de la Paix de Douala II. Je dis merci au parrain, à Son Excellence Jean Stéphane Biatcha qui, depuis ma prise de fonction comme maire de Douala II, a toujours été à nos côtés », a-t-elle déclaré.

Au-delà de la personne distinguée, cette reconnaissance met en lumière une autre dimension du tournoi : la place du leadership féminin dans les dynamiques locales de paix et de cohésion sociale.

Quand le sport devient un outil de gouvernance locale

La portée du Tournoi de la Paix se lit donc aussi à travers le prisme de la gouvernance territoriale.

Pour les collectivités locales, soutenir des événements sportifs populaires permet de créer des espaces de proximité où les populations se retrouvent autrement que dans les cadres institutionnels classiques.

À New-Bell, le terrain devient ainsi un lieu de dialogue.

La compétition sportive crée la rencontre. La rencontre crée la proximité. Et la proximité peut favoriser la confiance.

C’est cette chaîne de valeur sociale qui donne au tournoi une portée qui dépasse largement le palmarès de ses équipes.

Une ombre électrique sur une finale lumineuse

Comme souvent dans les grands événements populaires, quelques imprévus sont venus rappeler les contraintes du terrain.

Une coupure d’électricité survenue pendant la remise des médailles et des distinctions a momentanément perturbé la cérémonie.

Mais l’incident n’aura pas réussi à éteindre l’enthousiasme du public. Les festivités ont repris et la célébration des vainqueurs s’est poursuivie.

La paix comme véritable trophée

Au lendemain de la compétition, les statistiques retiendront deux champions : Unity chez les dames et Mbam Ewondo chez les hommes.

Mais le bilan de cette 16e édition se mesure difficilement uniquement en buts et en trophées.

Il se mesure au nombre de jeunes mobilisés, aux rencontres créées, aux communautés réunies et à la capacité d’un événement local à porter un message qui dépasse les frontières de New-Bell.

Le véritable trophée du Tournoi de la Paix 2026 pourrait donc être celui que personne n’a soulevé : la volonté de continuer à faire du sport un espace de dialogue, de respect et de fraternité.

À New-Bell, dimanche, le football a donné rendez-vous à la paix.

Et pour une 16e fois, le pari semble avoir été gagné.

VICTOR ESSO TIKI

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