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🇨🇲 Cameroun – Présidentielle 2025 :Paul Biya, le Karma des Camerounais ? À 92 ans, Président Candidat, au pouvoir depuis 1982, a officiellement annoncé sa candidature pour un 8ᵉ mandat à l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025

« Je suis candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Soyez assurés que ma détermination à vous servir est à la mesure de l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés », a-t-il déclaré sur son compte X (ex-Twitter).

Une annonce qui, bien que prévisible, résonne comme une provocation dans un pays épuisé par plus de quatre décennies de stagnation politique, économique et sociale. Mais le plus troublant n’est peut-être pas la longévité d’un homme au sommet de l’État, mais plutôt la résignation quasi-fataliste du peuple camerounais face à cette continuité monarchique.

Une nation Ă  genoux

Le Cameroun d’aujourd’hui est un pays rongé par la pauvreté, gangrené par la corruption, affaibli par le clientélisme, le tribalisme, la prostitution de survie, et une insalubrité urbaine indigne du 21ᵉ siècle. Le chômage des jeunes, génération après génération, est devenu une constante, tout comme les scandales à répétition impliquant des milliards détournés par des hauts fonctionnaires – sans conséquences judiciaires sérieuses.

Le système de santé est un marché macabre, où les hôpitaux publics deviennent des zones de tri sélectif pour les vivants et les morts, pendant que l’État chante la chanson d’un service « subventionné ». Les routes sont plus tristement célèbres pour leurs tragédies quotidiennes que pour leur utilité. Et pendant ce temps, la Méditerranée continue d’engloutir les rêves de milliers de jeunes Camerounais prêts à tout pour fuir leur pays.

Le peuple : victime ou complice ?

Mais au-delà de l’échec institutionnel, c’est la société elle-même qui semble avoir renoncé à l’idée de changement. Un peuple amorphe, désabusé, souvent plus prompt à se moquer des rares tentatives de révolte qu’à se mobiliser contre ses vrais bourreaux. L’ivresse, les ragots, la haine gratuite, la sexualisation précoce, et une complaisance étonnante avec la médiocrité sont devenus des traits identitaires assumés.

L’ascenseur social est en panne, mais personne ne semble vouloir le réparer. L’indignation a laissé place à l’indifférence, et l’espérance s’est noyée dans l’alcool, la drogue et la vanité collective.

Paul Biya, reflet ou punition ?

Dans ce contexte, la candidature de Paul Biya n’est pas une anomalie, mais une évidence. Il incarne non seulement un système, mais aussi un miroir. Un miroir cruel tendu à un peuple qui s’est habitué à la souffrance, à l’immobilisme et à l’injustice.

Oui, Paul Biya pourrait bien être le « karma » d’un peuple qui a accepté l’enfer comme norme, refusant même les chemins modestes du changement. Loin d’être imposé par la force seule, son règne se prolonge par la faiblesse collective, par la peur du vide, et par la perte de la conscience citoyenne.

Vers un 8ᵉ mandat… et après ?

Sauf surprise, Paul Biya sera réélu en 2025, dans une élection jouée d’avance, sous le regard passif d’un peuple qui, depuis longtemps, a confondu silence et paix. Mais jusqu’à quand cette illusion de stabilité tiendra-t-elle ? L’histoire ne pardonne pas l’immobilisme éternel. Et le « karma » que certains invoquent aujourd’hui pourrait bien devenir un jugement sans appel pour tout un pays.

Victor Esso Tiki

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