AGORA:C’EST QUOI RÉUSSIR : ÉLOGE À LA « NORMALITÉ »
Nous sommes dans un siècle où tout le monde joue au patron ; personne ne veut plus être employé modèle, apprenti, stagiaire.
Chacun se considère comme une espèce rare voire unique qui ne saurait être comparée à personne d’autre.
NOUS SOMMES TOUS DES BOSS ET DES BOSS LADYS
Les hommes ne veulent plus juste être l’ami de longue date, le père aimant et responsable : ils veulent être le « meilleur coup » d’une flopée de filles que leur envie forcément leur entourage qu’ils dépassent en tout.
Éternels garçons, ils s’organisent à faire du nombre de casiers de bières ou de bouteilles de vin qu’ils consomment chaque fin de semaine un mètre-étalon d’une grandeur factice et ridicule.
Les femmes se vantent de n’avoir aucune copine de confiance, de ne se plier à aucune règle de personne tout en exigeant d’être mariées à des hommes parmi les plus charismatiques.
Celles qui réussissent à trouver un mari à peu près normal sont prêtes à brûler terre, mer et ciel si elles apprennent, par associations d’idées paranoïaques, que cet homme – dont la normalité est donc désormais exceptionnelle – regarde dans la direction d’une autre femme alors même que dans le couple leur caractère de diva en carton les rend invivables.
Dans cette société de princes et de princesses, les uns plus beaux que les autres, les uns plus intelligents que les autres, les uns plus talentueux que les autres, les uns plus capricieux que les autres, il n’y a plus personne de normal.
Est normale une personne qui doit souffrir pour réussir à obtenir le nécessaire – parfois le strict nécessaire – pour (sur)vivre. Il faut comprendre. Réussir signifie toujours un peu recommencer quelque chose comme un effort, se relever encore et toujours après un échec. Il y a toujours comme l’idée de répétition acharnée. Ré-ussir !
Mais nous sommes une génération où quelqu’un peut ouvertement déclarer qu’il n’est pas né pour souffrir. Notons que même les héritiers et héritières du trône d’Angleterre souffrent !
Notre désir d’exception fait qu’on n’évalue pas notre vie pour ce qu’elle est, mais par rapport à celle du voisin. Conséquences : jalousie sociale et concurrence délétère qui n’interroge jamais les stratégies de survie des uns et des autres, mais s’en tient au résultat perçu.
Voici ma leçon d’aujourd’hui : tout le monde est bel et bien né pour souffrir i.e. pour vivre à travers une foule d’efforts têtus afin de s’insérer et se faire accepter, toujours provisoirement, dans la société des humains.
Une règle simple de la nature est que chaque montagne a son versant ; la vitesse de la descente est doublement proportionnelle à la vitesse de la montée. On meurt plus vite qu’on ne naît !
Banditisme et prostitution pour avoir l’argent facile, pratiques ésotériques et religieuses pour avoir l’amour et la validation sociale… sont des « ascenseurs artificiels » et vous vous en rendrez bien vite compte puisqu’ils écrasent toujours brutalement ceux qui les empruntent de leur poids bien réel.
William Bayiha


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