Célébration de la journée mondiale de la culture africaine et afro descendante:Les Artistes et sa Majesté Ness Essombey honore cette journée internationale du 24 janvier

En présence du Maire de la ville Dr Roger Mbassa Ndine, plusieurs Chefs de Communautés vivant dans la ville de Douala, les délégués Régionaux de la culture du Sud-Ouest et du Littoral, ainsi que des Chefs traditionnels venus du Nord-ouest et du Sud-Ouest (Chief of Batoke), les responsables des différents pôles artistiques (peinture et arts plastiques, danses patrimoniales et Urbaines, musique, mode et Miss…etc) et le Président du Comité d’organisation Sa Majesté Ness Essombey Ndanbwe (Chef du Canton Sodiko) Promoteur de cette célébration au Cameroun, ont donné vie à la célébration de la Première journée qui marque ainsi chaque 24 Janvier de chaque année, la Célébration de la journée mondiale de la culture africaine et afro descendante.

La salle des fêtes d’Akwa et la cour de cette espace séculaire de mémoires et traditions, a ainsi permis aux curieux et invités à cette célébration, de vivre tout le génie créateur de nos artistes et de célébrer avec fierté et dignité, les valeurs et héritages de la culture Africaine et Afro descendante sous le thème : L’économie culturelle un outil de développement et de valorisation pour les peuples et les Communautés.

Pour sa Majesté Ness Essombey Ndanbwe, en charge de la promotion et la valorisation de cette journée en Afrique Centrale (commis par ses pairs à l’initiative de cette journée internationale)<<L’Afrique qui célèbre aujourd’hui et désormais tous les 24 janvier de chaque année, la journée mondiale de la culture africaine et afro descendante, la doit à l’initiative d’un Chef Togolais Majesté John Ahité Dossevi, aux côtés des quelles…plusieurs Autres Chefs se sont joints pour porter cette démarche, qui a vue l’UNESCO proclamé le 24/01 comme Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante (JMCA) à l’occasion de sa 40e session de la Conférence générale en 2019. Cette journée célèbre les nombreuses cultures vivantes du continent africain et des diasporas africaines dans le monde entier et les promeut comme un levier efficace au service du développement durable, du dialogue et de la paix. En tant que source riche du patrimoine mondial commun, la promotion de la culture africaine et afro-descendante est indispensable pour le développement du continent et pour l’humanité en général>>. dira-t-il en guise de mot d’ouverture.

C’est donc ainsi que la « JMCA » a été pensée pour avoir une forte portée symbolique : elle vise, au-delà de l’immense foisonnement culturel et artistique africain (qu’il faut découvrir et connaître) à installer la culture comme un outil efficace au service du dialogue entre les peuples et de la paix universelle.

L’événement est peu médiatisé, peu connu en Cameroun. Pourtant, il ya beaucoup à apprendre et à partager. L’UNESCO encourage les Africains à y participer par des activités, des débats, des conférences, des ateliers, des manifestations culturelles et des expositions.

Pour sa part, le Délégué Régional des arts et de la culture Monsieur Edimo:<< Malheureusement, le Cameroun reste en marge d’un important événement qui a vocation à rapprocher les peuples africains et les unir. D’autant plus que la situation alarmante de la pandémie Covid-19 n’a pas facilité les choses. La plus part des événements dans le monde se font via vidéoconférence, y compris pour célébrer la journée mondiale de la culture africaine. Il a remercié le Chef Ness Essombey Ndanbwe pour cette valorisation du patrimoine culturelle nationale et aux différents Chefs de pôles artistiques et artistes pour leurs implications et dévouements personnels malgré l’absence de soutiens financiers>>.

1. L’Afrique qui nous unit: berceau de l’humanité

L’Afrique, là où sont apparus les ancêtres de l’homme, est considérée comme le berceau de l’humanité. Le squelette Lucy retrouvée en Ethiopie en 1974 remonte à 3, 2 millions d’années. En 2001, le premier ancêtre connu de l’homme a été découvert au Tchad. On l’a surnommé Toumai. Little Foot, vieux de 3,7 millions d’années, vient compléter la famille des ancêtres de l’humanité. Découvert au fond d’une grotte en Afrique du Sud, il y a plus de 20 ans, il vient d’être présenté au public, pour la première fois, en 2017.

L’Afrique, berceau de l’humanité et des civilisations est un continent de 30 millions de kilomètres, disposant d’une population jeune, de richesses agricoles minières, pétrolières et hydrauliques immenses, avec des réserves énormes de subsistances précieuses et de minerais stratégiques.

Avant le colonialisme, il faut rappeler que l’Afrique avait subi quatre siècles d’esclavage avec le commerce triangulaire. Au 19e siècle, notre continent a été presque entièrement décolonisé des puissances colonialistes européennes grâce au mouvement des pères panafricanistes depuis Dubois, Padmore et Williams, jusqu’à Nkruma, Senghor, Abdenaceur et Bourguiba. Ils avaient tous rêvé d’une Afrique unie, forte et intégrée. Leur projet c’était les Etats unis d’Afrique. Pourtant, il ne peut y avoir d’intégration sans une communauté de valeur, sans un vouloir-vivre ensemble. La culture africaine a été considérée par les mouvements d’indépendance comme une arme puissante du combat contre la politique d’assimilation et contre l’oppression culturelle coloniale.

2. L’identité culturelle africaine

L’identité culturelle est ce par quoi se reconnaît une communauté humaine à travers ses pratiques, locales ou nationales, qui sont sociales, politiques, ethniques, religieuses, artistiques, etc. Cette identité culturelle nous renvoie à des valeurs et à des codes, à des modes de vie et de pensée, à des langues, à des croyances et des traditions, à un vécu en commun et une mémoire historique, à un territoire. Malheureusement, l’Afrique a trop longtemps été privée de son identité culturelle. Ainsi et au-delà des similitudes et des formes convergentes de penser, au delà de l’héritage commun, l’Africanité constitue également une destinée partagée, une fraternité dans la lutte de libération et un avenir commun qui doit être assumée par tous, en vue d’être maîtrisée. C’est pourquoi, cette Africanité mérite d’être célébrée, au moins une fois chaque année.

Il n’est pas vain, dans ce sens, de rappeler le rôle majeur que joue l’UNESCO dans l’adoption des textes normatifs et cadres juridiques pour promouvoir et protéger la culture africaine. Il est important aussi de faire allusion au travail colossal et titanesque « Coffret Histoire générale de l’Afrique ». Ainsi, l’UNESCO avait lancé en 1964 l’élaboration de l’Histoire générale de l’Afrique pour remédier à l’ignorance généralisée sur le passé de l’Afrique. Pour relever ce défi qui consistait à reconstruire une histoire de l’Afrique libérée des préjugés raciaux hérités de la traite négrière et de la colonisation et favoriser une perspective africaine, l’UNESCO a fait appel aux plus grands spécialistes africains et internationaux de l’époque. L’élaboration des huit volumes de l’Histoire générale de l’Afrique a mobilisé plus de 230 historiens et autres spécialistes pendant plus de 35 années. L’Histoire générale de l’Afrique est une œuvre pionnière, à ce jour inégalée dans son ambition de couvrir l’histoire de la totalité du continent africain, depuis l’apparition de l’homme jusqu’aux enjeux contemporains auxquels font face les Africains et leurs Diasporas dans le monde. C’est une Histoire qui ne laisse plus dans l’ombre la période précoloniale et qui insère profondément le destin de l’Afrique dans celui de l’humanité, en mettant en évidence les relations avec les autres continents et la contribution des cultures africaines au progrès général de l’humanité.

L’Union africaine, héritière de l’Organisation de l’unité africaine, comporte 55 Etats souverains. Mais aujourd’hui et malgré toutes ses richesses et tous ses potentiels, l’Afrique compte parmi les continents les plus pauvres. Là où il y a le plus d’insécurité, de misère, de famine, d’épidémie, de conflits armés internes, de corruption, de marginalisation, de radicalisme de violence, de terrorisme, etc. C’est le continent de tous les contrastes.

L’’Union africaine aujourd’hui est beaucoup plus une organisation de coopération qu’une organisation d’intégration. Les Africains ne se connaissent pas et pour concrétiser le rêve des pères fondateurs du mouvement panafricaniste, il faut passer par la culture, qui est un véritable levier d’intégration, de paix et de développement durable. La culture doit demeurer aussi au cœur du processus de démocratisation.

3. Pourquoi célébrer la journée mondiale de la culture africaine et afro descendante le 24 janvier de chaque année?

La décision a été prise par l’Assemblée générale de l’Unesco en 2019. D’ailleurs cette date est un hommage à la Charte de la renaissance africaine, adoptée par l’Union africaine à Khartoum, le 24 janvier 2006.

Cette journée symbolique vise à célébrer, annuellement, la culture africaine dans son entièreté, célébrer l’histoire, les coutumes, les valeurs, les traditions africaines. Elle rend hommage à l’Afrique, berceau de l’humanité qui nous a donné notre existence.
Outre la promotion de la culture africaine, cette journée a aussi pour objectif de sensibiliser la jeunesse africaine, dont une grande partie a abandonné malheureusement ses valeurs culturelles, tournant le dos à son histoire et à sa culture en raison de la mondialisation, voir la « macdonalisation » des mœurs et valeurs. Cela permettra à cette jeunesse africaine de prendre conscience de son terreau culturel et historique riche et divers, à travers des manifestations culturelles et artistiques intenses, à travers des spectacles de danse, de musique, d’expositions d’art, de dégustations culinaires, etc.

D’ailleurs, il n’est pas vain de rappeler que les Chefs d’États africains ont déclarée l’année 2021 « Année pour les arts, la culture et le patrimoine », pour l’Union africaine.

Malheureusement, la pandémie de la Covid-19 a complètement chamboulé les RDV et les programmes. Le sommet de l’Union africaine, qui devrait avoir lieu à Addis abeba les 6 et 7 février 2021, se déroulera dans la plus grande discrétion et la plus grande prudence. Les manifestations et les festivités ont été reportées et la plus part des réunions se font par vidéoconférence.

4. Qu’est ce que la Charte de la renaissance culturelle africaine du 24 janvier 2006?

La Charte de la renaissance culturelle africaine (adoptée par l’Union africaine en 2006) prône que la culture est le moyen le plus efficace de donner aux États membres les moyens de renforcer leurs politiques nationales, afin de contribuer à la réalisation de l’intégration socio-économique du continent, de lutter contre la pauvreté, de relever les grands défis auxquels le continent est confronté et de construire une paix durable. De tous les autres continents, l’Afrique est la seule à avoir adopté une Charte dédiée à la renaissance culturelle. Cette Charte vient se substituer à la Charte culturelle de l’Afrique de 1976.

Peu connue et pourtant très importante, la Charte de la renaissance culturelle africaine de 2006 a pour principal objectif de préserver et promouvoir le patrimoine culturel africain à travers la conservation, la restitution et la réhabilitation. Elle vise aussi à diffuser les valeurs africaines, notamment à travers l’éducation. Portée par l’Union africaine, cette Charte n’a été ratifiée que par 14 pays (dernière consultation du site de l’UA le 23 janvier 2021). Elle entrera en vigueur dès qu’elle est ratifiée par les deux tiers des pays membres de l’UA. Ainsi la célébration de la journée mondiale de la culture africaine, le 24 janvier de chaque année, sera aussi l’occasion d’encourager les Etats de l’Union africaine à ratifier cette Charte.

Le Cameroun a promulgué la charte de la Renaissance africaine le 23 décembre 2014 par la loi 2014/020.

La charte de la renaissance culturelle africaine vise essentiellement à affirmer la dignité de l’homme africain et de la femme africaine ainsi que le fondement populaire de leur culture ; promouvoir la liberté d’expression et la démocratie culturelle, libérer les peuples africains des conditions socioculturelles qui entravent leur développement; réhabiliter, restaurer, sauvegarder, promouvoir le patrimoine culturel africain; combattre et éliminer toutes les formes d’aliénation et d’oppression culturelles; favoriser la coopération culturelle entre les États africains en vue du renforcement de l’unité africaine et d’une meilleure compréhension entre les peuples; développer dans le patrimoine culturel africain toutes les valeurs dynamiques et rejeter tout élément qui soit un frein au progrès ; doter les peuples africains de ressources leur permettant de faire face à la mondialisation ; créer des « maisons d’Afrique », collaborer avec elles et faciliter la coopération entre elles ; etc.

Parmi les principes énoncés par la charte : l’accès de tous les citoyens à l’éducation et à la culture; la libération du génie créateur du peuple et respect de la liberté de création; respect des spécificités et des authenticités nationales et régionales dans le domaine culturel; renforcement de la place de la science et de la technologie moderne dans la vie culturelle des peuples africains; échange et diffusion des expériences culturelles entre pays africains.

Dans cette Charte, il y a tout pour redonner de l’espoir aux peuples africains. Par ailleurs, nous pensons que cette Charte devra évoluer, aujourd’hui, pour englober aussi l’idée de la restitution des objets d’art destitués.

5. La controverse autour de la restitution des œuvres d’art et biens culturels africains

Les siècles d’esclavage et de colonisation en Afrique ont conduit à la déportation de milliers d’œuvres d’art hors du continent africain, de l’Egypte pharaonique, en passant par Carthage (Tunisie), Algérie, Sénégal, Bénin, Mali, Cameroun, Togo, Bénin, Nigéria, Ethiopie, Tanzanie, Kenya, Zimbabwe, Afrique du sud, etc.

A vrai dire, l’Afrique a subi une hémorragie de son patrimoine pendant la colonisation et même après, avec les trafics illicites. L’UNESCO soutient, d’ailleurs, depuis plusieurs années, le combat des pays, qui en Afrique et ailleurs, exigent la restitution de leurs biens culturels disparus lors de l’époque coloniale.

Pourtant, des œuvres déportées s’inscrivent, de façon intrinsèque, dans l’histoire du continent et représentent un pan important de l’identité culturelle de l’Afrique. En conséquence, il est important de mettre en place le cadre juridique et pratique relatif à la restitution des pièces saisies lors de conquêtes militaires, mais aussi celles collectées durant les missions scientifiques ou par des agents de l’administration coloniale. Il est important de penser le retour des biens acquis illégalement lors du trafic illicite d’œuvres d’art. Et pour lever les obstacles juridiques, la Commission de l’Union africaine pour le droit international (CUADI), organe consultatif indépendant de l’Union africaine, travaille aujourd’hui sur ces questions. Une étude de la CUADI en la matière a pour objectif de chercher les bases juridiques et le fondement d’un droit de retour de ces symboles de l’identité, de la culture et de l’histoire de l’Afrique.

Aussi, nous pensons qu’il est important de créer un Observatoire africain de la culture et du patrimoine qui puisse inventer et proposer les stratégies et plans d’action qui constituent une base solide pour l’orientation, le pilotage et l’évaluation des politiques culturelles au niveau continental.

Le Maire de la ville de Douala Dr Roger Mbassa Ndine a invité les acteurs culturels à plus de dynamisme pour mieux valoriser l’Art et la célébration de cette journée :<< Je vous invite à ne pas être statique, la culture est dynamique… nous devons travailler pour mieux mobilisé nos concitoyens pour cette célébration… je pense pour l’année prochaine, que cette événement figure dans l’agenda officiel des évènements de la ville et qu’il puisse avoir un engouement particulier>>promet-t-il.

On peut dire que depuis le manifeste culturel africain adopté en 1969 à Dakar, jusqu’à la Charte pour la renaissance culturelle de l’Afrique adoptée les 23 et 24 janvier 2006 à Khartoum, en passant par toutes les résolutions, décisions et plans d’action relatifs à la culture africaine, adoptés par l’OUA et par l’Union africaine en cinquante ans, et en dépit de tous les éléments positifs qui peuvent encourager les Africains à développer leurs politiques culturelles, il reste beaucoup à faire, pour que ces discours ne soient pas vidés de leurs sens.

De surcroit, nous constatons, avec amertume, le grand décalage entre les objectifs, les ambitions et les déclarations et entre leur mise en œuvre réelle au niveau continental, sous continental et national. Aujourd’hui, les cultures africaines sont sérieusement menacées par les processus incontrôlés de la mondialisation, ainsi que l’invasion des modèles culturels étrangers et produits culturels de masse. Les modes de vie, les valeurs ancestrales, les connaissances et savoir-faire traditionnels sont marginalisés ou en voie d’extinction. Aussi des menaces diverses pèsent sur la riche diversité des cultures locales, traditions, langues et patrimoine culturel et immatériel africain. S’y ajoute la faiblesse des institutions, les contraintes financières persistantes et le manque de personnel et d’infrastructures spécifiques.

Par conséquent et pour que les cultures africaines puissent faire face à tous ces enjeux et jouer un rôle dynamique dans le développement économique et social des peuples de l’Afrique, la vie culturelle africaine ne doit pas seulement être célébrée une fois par an, elle devra être persévérée et développée à travers des politiques continentales cohérentes, efficaces et harmonisées.
Les peuples africains devraient regarder ensemble dans la même direction afin de réussir à former une communauté solidaire au destin partagé et pour cela, la culture est la porte d’entrée.

Victor Esso Tiki/Hajer Gueldich

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