Les condamnations pontificales

La Franc-Maçonnerie est née des corporations médiévales qui construisirent les cathédrales, et vécut jusqu’à la Réforme sous la protection de l’Église. Lorsque l’art gothique fit place à l’art Renaissance, cette ancienne Maçonnerie « opérative » s’éteignit sur le Continent mais non en Angleterre, terre des traditions. Pour en arrêter le déclin, on y admit toutefois des membres honoraires, souvent des mécènes, et l’institution changea de caractère, s’assignant désormais non plus l’édification de monuments en pierre mais ce temple allégorique qu’est l’homme lui même. En 1717, quatre vieilles loges de Londres s’assemblèrent et fondèrent un organisme fédéral, la première « Grande Loge », qui fut dotée en 1723 des fameuses Constitutions d’Anderson. Elle essaima aussitôt sur le Continent Européen.La jeune institution devait attirer la méfiance des princes, qui la suspectèrent d’activités politiques, surtout — fait à noter — dans les États protestants. En 1738, par la bulle In eminenti, le pape Clément XII intervint à son tour, et sa bulle fut confirmée en 1751 par la bulle Providas de Benoît XIV. Les motifs de ces condamnations ne furent pas d’ordre spirituel. Les Constitutions d’Anderson ne furent même pas mises à l’Index, et aucune hérésie dénommée ne fut relevée. On peut en donner deux raisons : le secret, aussi suspect au pouvoir spirituel qu’il l’était aux princes, et un motif tenu caché, auquel Clément XII fait allusion en ces quelques mots : Aliisque iustis ac rationabilibus causis Nobis notis. Cette phrase n’est pas une clause de style et ne se retrouve dans aucune autre bulle de l’époque. C’est sans doute une allusion politique, en connexité avec la cause des Stuarts, réfugiés à Rome, et dont la restauration demeurait la dernière espérance d’une restauration du Catholicisme en Angleterre. D’autres motifs, tout aussi temporels, ont été mis en lumière par un jésuite espagnol, le R.P. José A. Ferrer Benimeli, dans sa thèse monumentale Historia de la Masoneria espanola en el siglo XVIII : Relaciones entre la Iglesia Catolica y la Masoneria (8 vol., 3134 pages. Saragosse, 1971). Le XIXe siècle vit une série de condamnations pontificales d’inspiration toute différente, s’échelonnant des censures portées par Pie VII contre les Carbonari à l’encyclique précitée de Léon XIII. Entre-temps, les Maçonneries latines s’étaient laissées envahir, en effet, par la politique et ce que le Syllabus de Pie IX appellera les « erreurs du XIXe siècle ».
Les deux Franc-Maçonneries
Contrairement aux Maçonneries latines, la Maçonnerie anglo-saxonne demeura neutre en politique et non seulement déiste mais théiste en religion, professant la foi obligatoire en Dieu « Grand Architecte de l’Univers ». Le très faible nombre de catholiques en Angleterre à l’époque fit que la différence passa inaperçue et que Léon XIII ne légiféra que pour « la Franc-Maçonnerie » en général, sans faire la distinction qui s’imposait, n’ayant en vue que la Maçonnerie latine, et surtout italienne. Cette dernière était violemment anticléricale, la fin du Pouvoir temporel signifiant pour elle la fin de l’Église. En 1877, le Grand Orient de France, peuplé d’athées, raya de ses constitutions la mention du Grand Architecte de l’Univers, et la Grande Loge d’Angleterre, constatant qu’il s’était ainsi retranché de la seule et authentique Maçonnerie de tradition, rompit toutes relations avec lui, suivie par les autres Grandes Loges du monde.
La renaissance d’une Franc- Maçonnerie régulière toléré par L’Eglise Catholique
En 1913, un groupe de francs-maçons français, ayant à sa tête Edouard de Ribaucourt, décida de quitter le Grand Orient et de fonder la Grande Loge nationale Indépendante et Régulière, devenue aujourd’hui la Grande Loge Nationale Française . L’objet de la nouvelle obédience était de revenir à la régularité, et tout d’abord à la croyance en Dieu. Elle fut immédiatement reconnue par la Grande Loge d’Angleterre et constitue aujourd’hui la seule obédience régulière française. Sa position à l’égard de l’Église est celle d’un entier respect. Elle admet les fidèles de toutes religions, n’excluant que les seuls athées. Les discussions politiques sont interdites au sein de ses loges. Les maçons « irréguliers » n’y sont pas admis, même en visiteurs, et il est interdit aux membres de la G.L.N.F.de les visiter, comme de faire partie de la Ligue universelle des francs maçons (L.U.F.), aux tendances analogues à celles du Grand Orient.La Grande Loge Nationale Française, en décembre 1961 déjà,a résumé les principes fondamentaux de la franc-maçonnerie telle qu’elle l’entend (voir La Docum. Cathol, n° 1 371, 4 mars 1962, c. 338). En voici le texte:« Pour éviter toute équivoque, la Grande Loge Nationale Française,à Neuilly, seule Maçonnerie en France reconnue par toute la maçonnerie universelle régulière, précise qu’il ne peut y avoir de Maçonnerie « régulière » en dehors des principes ne varietur suivants : Croyance en Dieu, personne divine, Grand Architecte de l’univers. Croyance en sa volonté révélée et exprimée dans le volume de la Sainte Loi. Croyance en l’immortalité de l’âme. Par contre, elle interdit, dans ses Loges, toute discussion ou polémique d’ordre social, politique ou religieux. Les rites qu’elle gouverne se réfèrent, comme ceux des Maçons opératifs, au symbolisme traditionnel du Métier et de l’Art royal. Unissant dans le temps et dans l’espace l’Orient et l’Occident, ils puisent aux sources scripturaires inspirées de l’Ancien et du Nouveau Testament. Toutes les ‘obligations’ de ses membres et de sa hiérarchie sont prises ‘en présence du Dieu tout-puissant’ sur le volume de la Sainte Loi, correspondant à leur croyance. La Grande Loge Nationale Française (Neuilly) ne vise, par le travail selon les anciens rituels de l’Ordre, qu’au perfectionnement moral et spirituel de ses membres et à la pratique d’une charité fraternelle, active et vivifiante. Elle entend donc rester totalement étrangère aux discussions et luttes qui ne la concernent d’aucune façon. Particulièrement, elle s’interdit tout ce qui pourrait être considéré comme une machination contre une Église ou les pouvoirs civils légitimes. Elle ne peut cependant que se réjouir de voir naître un climat de meilleure compréhension entre ceux qui, en toutes circonstances, placent leur seul espoir en Dieu. »
La Mobilisation Pour La Reconstruction de la Cathédrale Notre Dame Comme aux Origines
Un immense élan de solidarité financière, mêlant fonds privé et fonds publics, s’organise pour faire face au coût des travaux de reconstruction.Les Maçons Français ne lésinent sur aucun moyen, Batir comme le Roi Salomon,à la reconstruction du Temple de Jérusalem, après la destruction par Nabuchodonosor.Rendre sa grâce à Notre-Dame défigurée demandera beaucoup de temps mais aussi d’argent. Pour trouver les fonds nécessaires, les initiatives ont déjà commencé, mêlant public et privé dans un même élan de solidarité à la mesure de l’émotion soulevée par l’incendie de ce trésor du patrimoine national.
En pleine nuit, alors que l’incendie n’était pas encore éteint, François Pinault promettait 100 millions via sa société Artémis. Au petit matin, la famille Arnault doublait la mise avec le groupe LVMH, tout comme la famille Bettencourt et L’Oréal. Puis Total annonçait à son tour une contribution de 100 millions d’euros, suivi d’autres grandes entreprises et de plusieurs collectivités locales.
À côté de ces grands mécènes, de nombreux particuliers ont aussi voulu réagir face aux images de la cathédrale meurtrie. Pour fédérer ces bonnes volontés, la Fondation pour le patrimoine, un organisme privé à but non lucratif, a été la plus prompte à lancer une collecte sur Internet. Quelques heures plus tard, le compteur avait déjà largement dépassé la barre des trois millions d’euros et le site était un peu submergé, avant d’être épaulé par un autre ouvert par le Centre des monuments nationaux.Vivement que cette dévotion à la Construction des Peuples de l’Occident en Général et des Maçons en particulier,puisse inspirée les Maçons Africains, souvent prompt à piller au Lieu de Batir,à l’image de leurs Pairs.
Victor Esso Tiki