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PARIS SAINT GERMAIN EN JET PRIVÉ EN PÉRIODE DE SOBRIÉTÉ CLIMATIQUE:LA PROTECTION DE LA PLANÈTE À GÉOMÉTRIE VARIABLE…

Les joueurs du Paris Saint-Germain critiqués pour leur usage intempestif de l’avion. L’opinion publique, et même le gouvernement français, rivalisent de dureté pour condamner le club de foot qui préfèrerait le luxe des jets privés à la modestie du TGV, au moment où il est urgent de réduire les gaz à effet de serre.

L’on peut toujours s’interroger sur l’opportunité de rallier Paris et Lille (204 Km) en avion.

Cependant, est-ce que le gouvernement français actuel est bien placé pour condamner le club alors même que sa politique climatique change en fonction de ses interlocuteurs et des urgences de la politique nationale et internationale ? Est-ce que Paris est un exemple en matière de protection de la nature, discours démagogique mis à part, pour que la ministre de la Transition écologique se sente légitime pour donner des leçons de savoir-vivre climatique à une équipe de football ?

La réponse est non.

L’ensemble du modèle économique de la France et de l’essentiel des pays occidentaux (et donc de la plupart des pays du monde) est tourné vers l’exploitation des ressources naturelles ; sans jamais penser à leur remplacement.

Les récentes querelles entre les pays d’Europe de l’Ouest et la Russie ont mis à jour le décalage qui existe entre la parole et les actes lorsqu’il s’agit des énergies fossiles. Le retour annoncé des pays tels que l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche voire la France au charbon montre bien que les leçons de ces pays au reste du monde doivent toujours être interrogées.

Est-ce que si les Allemands ou les Néerlandais ou les Français étaient dans la situation économique de l’Afrique du Sud, de la République Congo ou du Nigeria, ils développeraient tous leurs discours habituels sur la nocivité de la houille, la nécessaire préservation des tourbières ou carrément la réduction de l’exploitation du pétrole ?

Face à la décision de la Russie de leur couper le gaz cet hiver, ces pays ont décidé de se tourner vers une énergie qui leur est accessible. Le charbon ne participe peut-être que d’1,2 % dans le mix énergétique de la France, mais Paris a d’ores et déjà réapprovisionner des centrales qu’elle avait promis de fermer. Les décisions économiques sont dictées par des besoins concrets inscrits dans le présent.

En Afrique, en revanche, les mêmes capitales occidentales font de grands discours sur la protection de la nature, du bassin du Congo, des tourbières, des zones humides au nom du devoir de préserver la planète du réchauffement climatique. L’objectif est louable.

Que faire face à la nécessité de se chauffer, de propulser l’industrie, de s’éclairer, de tirer des dividendes des ressources naturelles ? C’est face à ce type de questions qu’entre en jeu la politique du divertissement. On aligne les chiffres du GIEC, de ONU Environnement, de Greenpeace, etc.

Il faut pourtant que les gens vivent ! Les différentes conférences de l’ONU sur l’environnement ont multiplié des initiatives dans lesquelles ce sont les pays pauvres du Sud qui doivent fournir le plus d’efforts de protection de l’environnement pendant que ce sont les pays, les entreprises, les ONG du Nord qui en tirent les dividendes.

Depuis au moins la COP21 à Paris en 2015, les pays d’Afrique centrale attendent toujours le financement du Fonds bleu lancé par Denis Sassou Nguesso, en vain. Les pays du bassin du lac Tchad sont fatigués d’espérer des investissements pour contrer le rétrécissement de ce lac qui est passé de 25 000 km² de 1963 à 1 300 km² depuis 1963. Ils attendent depuis la mise en place de la Commission du bassin du lac Tchad en mai 1964. C’est vrai qu’une si longue attente n’est pas pour empêcher l’éclosion des conflits dûs à la raréfaction des ressources et au déséquilibre des écosystèmes.

Qu’importent ces morts africains si pauvres et si lointains ?!

La presse, y compris internationale, et les hommes politiques qui l’alimentent se perdent dans des querelles de chiffonniers que sont par principe les faits divers au lieu de se pencher sur la profondeur des problèmes. On lie le climat au PSG, non pas parce que le climat est un enjeu dont l’on se soucie. Comme cela a sans doute été votre cas en ouvrant ce post, ce qui attire, c’est l’image de Mbappe qui se marre alors qu’il s’étonne que cela interroge que son équipe et lui voyagent en avion de la chambre au salon.

That’s it.

William Bayiha

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