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🇨🇲Cameroun : avec « 1 Geste 1 Sourire », Matila Media Group veut faire de la solidarité un outil d’insertion professionnelle

Comment transformer une action de solidarité en un véritable instrument de développement économique ? C’est le pari que tente de relever Matila Media Group avec la quatrième édition de « 1 Geste 1 Sourire », une initiative qui cherche à rapprocher les populations vulnérables des opportunités offertes par les filières industrielles et portuaires.

Organisée du 6 au 13 juillet à Douala sous le thème « Les jeunes à l’épreuve des métiers industrialo-portuaires pour une insertion socio-professionnelle réussie », cette campagne dépasse le cadre d’une simple opération humanitaire. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’employabilité des jeunes, alors que le Cameroun poursuit sa stratégie d’industrialisation et de transformation structurelle de son économie.

Dans un pays où les jeunes représentent la majorité de la population et où l’accès à un emploi stable demeure un défi majeur, les acteurs privés sont progressivement appelés à compléter l’action publique par des initiatives capables de rapprocher formation, qualification et insertion professionnelle.

Miser sur le capital humain pour accompagner l’industrialisation

L’économie camerounaise connaît depuis plusieurs années une mutation progressive portée par les investissements dans les infrastructures portuaires, les corridors logistiques, les industries agroalimentaires, les hydrocarbures et les matériaux de construction.

Autour du port de Douala-Bonabéri, principal point d’entrée du commerce extérieur du Cameroun et de plusieurs pays d’Afrique centrale, les besoins en techniciens, opérateurs spécialisés, logisticiens, mécaniciens industriels ou agents de manutention continuent de croître.

Pourtant, les entreprises soulignent régulièrement le décalage entre les compétences recherchées et les profils disponibles sur le marché de l’emploi.

C’est précisément sur cette fracture que souhaite agir « 1 Geste 1 Sourire ».

« Nous voulons préparer les jeunes aux métiers qui recrutent réellement », explique la présidente du comité d’organisation, Grâce Engome, lors de la conférence de clôture organisée à Douala.

Le programme cible principalement les jeunes non scolarisés, les personnes en situation de handicap ainsi que les jeunes issus des zones rurales, des catégories souvent éloignées des dispositifs classiques de formation professionnelle.

De l’aide sociale à l’accompagnement vers l’emploi

La semaine d’activités a été pensée comme un parcours d’insertion.

Après une campagne de recensement organisée grâce à une caravane mobile et à plusieurs points d’accueil, les bénéficiaires ont participé à des séances d’orientation professionnelle avant d’effectuer des visites d’entreprises afin de découvrir les réalités des métiers industrialo-portuaires.

Pour les organisateurs, il ne s’agit plus uniquement d’informer les jeunes, mais de leur permettre d’identifier des perspectives professionnelles concrètes dans les secteurs qui soutiennent la croissance économique du Cameroun.

Cette approche rejoint les recommandations de nombreux spécialistes du développement, qui plaident pour une meilleure articulation entre les politiques sociales et les besoins réels du tissu productif.

Un partenariat inédit entre entreprises et action sociale

L’un des enseignements majeurs de cette quatrième édition réside dans la mobilisation du secteur privé.

Autour de Matila Media Group se sont rassemblés plusieurs grands groupes et entreprises publiques parmi lesquels SONARA, SCDP, TRADEX, CAMPOST, Olam Agri, ROMA, CSPH/HPSF, RJC SA, SOTICAM, NEO INDUSTRY S.A, Cameroun Services et Réalisations (CSR) et le Guichet Unique des Opérations du Commerce Extérieur (GUCE).

Au-delà de la fourniture de vivres et de produits de première nécessité, ces partenaires illustrent l’évolution de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), désormais davantage orientée vers le développement du capital humain et l’inclusion économique.

Pour plusieurs observateurs, cette convergence entre entreprises, associations et pouvoirs publics pourrait contribuer à renforcer les politiques nationales d’emploi en créant des passerelles plus efficaces entre les besoins des employeurs et les publics les plus éloignés du marché du travail.

Les Affaires sociales comme relais institutionnel

Autre innovation majeure : l’implication renforcée du ministère des Affaires sociales à travers la Délégation départementale du Wouri.

Pour Grâce Engome, cette coopération répond à une logique simple : inscrire le projet dans la durée.

L’objectif est désormais de permettre un suivi des bénéficiaires après les différentes activités, d’assurer leur orientation vers les dispositifs existants et de favoriser leur accès à la formation professionnelle.

Cette évolution traduit une volonté de transformer une campagne annuelle de solidarité en un mécanisme permanent d’accompagnement social.

New Bell, symbole d’une solidarité inclusive

Le déplacement effectué à la prison centrale de New Bell constitue probablement la séquence la plus forte de cette édition.

Au-delà de la distribution de plusieurs cartons de vivres et de produits d’hygiène, les échanges avec les jeunes détenus et les femmes incarcérées ont porté sur leur avenir après leur sortie de prison.

« Lorsqu’on est incarcéré, ce n’est pas la fin de la vie. Un détenu d’aujourd’hui peut devenir un employé de demain », a déclaré Grâce Engome.

Dans un contexte où la réinsertion reste souvent le parent pauvre des politiques pénitentiaires, cette démarche remet au centre la notion de seconde chance. Selon les organisateurs, plusieurs détenus ont exprimé leur souhait d’intégrer le programme dès leur libération.

Une solidarité qui répond aux urgences sociales

Tout au long de la semaine, plusieurs centaines de bénéficiaires ont reçu des kits alimentaires composés notamment de riz, farine, sel, sardines, margarine, chocolat, tomates, savon, détergents ainsi que des vêtements.

Si cette assistance répond aux besoins immédiats de nombreuses familles confrontées à la hausse du coût de la vie, elle constitue également un point d’entrée vers un accompagnement plus global.

La marche sportive organisée dans les rues de Bonanjo et Bonapriso, les activités de sensibilisation ainsi que les rencontres avec les entreprises traduisent cette volonté de promouvoir à la fois le bien-être, la cohésion sociale et l’employabilité.

Vers un modèle camerounais d’investissement social ?

À mesure que le Cameroun accélère sa politique d’industrialisation et ambitionne de devenir un pays émergent à l’horizon 2035, la question de l’inclusion des jeunes devient un enjeu économique autant que social.

Les entreprises auront besoin d’une main-d’œuvre qualifiée, tandis que les pouvoirs publics devront réduire le chômage et prévenir les risques d’exclusion qui alimentent la précarité urbaine.

Dans ce contexte, « 1 Geste 1 Sourire » apparaît comme une expérimentation intéressante : celle d’une solidarité qui ne se limite pas à l’assistance, mais qui cherche à créer des passerelles vers l’emploi, la qualification et l’autonomie.

Le défi sera désormais de pérenniser cette dynamique, de mesurer son impact sur l’insertion professionnelle des bénéficiaires et d’étendre le modèle à d’autres régions du Cameroun.

Car, au-delà des dons distribués, l’ambition affichée est bien de démontrer que l’investissement dans le capital humain demeure l’une des conditions essentielles d’une croissance inclusive et durable.

La Rédaction 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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