Interdiction d’exportation du bois en grumes dès Janvier 2022-L’enjeu pour la transformation locale:Entretien avec le Président de Young Lions Art et Coordonnateur du SABADE Jean-Claude Dongmo Tanda
Cette décision des pays de la Cemac qui prendra effet dès Janvier 2022 vient posé le problème de la transformation du bois dans la sous-région et de l’impact que celà pourrait avoir au plan économique et social, dans une filière ou l’écosystème affiche encore des manquements et où la structuration fait défaut.Nous sommes allés à la rencontre d’un activiste et acteur majeur dans le secteur au Cameroun Jean-Claude Tanda, 03 fois 1er du Chef de L’Etat au salon international de l’artisanat du Cameroun et plusieurs expositions dans le Monde.Il est le Président des Menuisiers du Cameroun…
Bonjour Mr Tanda!Vous êtes l’une des figures majeures de l’artisanat et de la transformation du bois au Cameroun…pour nos lecteurs pouvez vous nous dires qui vous êtes et comment êtes-vous arrivé à ce métier?
Je suis Jean-Claude Dogmo Tanda, Président de l’association Young Lions Art, Coordonnateur général du Sabade, qui est un grand salon d’exposition dans le secteur Et entrepreneur dans le secteur de l’artisanat industrielle et la transformation du bois.J’ai toujours été piqué par le virus de la créativité, petit je faisais déjà mes propres jouets à base des matériaux de récupération et c’est ainsi qu’au fur à mesure, je me suis orienté dans ce secteur et j ai eu la chance de me former et d’acquérir plusieurs expériences au plan local et à l’international.Puis j’ai été à 03 éditions successives lauréat du Grand prix du Président de la République au salon international de l’artisanat du Cameroun(SIAC).
Comment appréciée vous la décision des pays membres de la CEMAC d’interdire l’exportation des grumes de bois dès Janvier 2022?
Tout d’abord, je salue cette initiative et tient à dire ici que celà est une très bonne chose.Mais ce n’est pas la 1ere fois que telles initiatives sont prises, du moins au Cameroun ici où il y a même une loi qui réserve 30% de la commande des marchés publics aux PME locales, mais qui n’est jamais respecter…pour moi, c’est un peu mettre la charrue avant les boeufs, parce que le secteur a besoin de beaucoup plus d’efforts et d’accompagnement de nos États.
Justement quels sont les problèmes qui empêchent le respect de ces mesures sous-régionales?
C’est simplement celui d’une meilleure organisation de l’écosystème du secteur qui est quasi inexistant aujourd’hui…il faut organiser le secteur en encourageant l’installation des unités de 3ème transformation du bois, notamment par des exonérations des taxes et douanes durant au moins 05 ans, afin de rendre plus compétitive nos unités, parce que comme vous le savez…nous sommes en Afrique à faire des meubles avec 90% du bois, là où les autres(Asie et Europe)utilisent du plastique et d’autres matériaux…nous devons donc permettre à nos unités et artisans dans le bois de transformer cette avantage comparatif en avantage de marchés.
Qu’est ce qui fait la différence entre les meubles locales face à ceux importés?
C’est le faite que le melange des matériaux des meubles importés réduit les coûts de production et ne garantit pas une vie de plus de 03 ans, contrairement à nos meubles locales qui utilisent 90% du bois et d’autres matériaux locaux et offre au moins 10 ans de vie au meuble.L’avantage comparatif qui semble favorable au meuble importé est en réalité un leurre, puisque sa durée de vie est limitée…
Quelles sont d’après vous les meilleurs préalables garantissant le succès de cette mesure avant son entrée en vigueur dès Janvier 2022?
Tout d’abord, Nous osons espérer que cette fois sera la bonne.
Commençons par nous interroger légitimement sur le cahier de charge lié à cette transaction..
S’ il faut prendre une bille de bois et enlever la peau sur les 4 cotés de l’arbre, le problème ne sera jamais résolu. il faut clairement définir les pourcentages sur chaque niveau de transformation avant l’ export.
Je trouve que les Etats ont mis les charuts avant les bœufs. les États membres devraient au préalable mettre sur pied des conditions qui permettront de renforcer la commercialisation, la consommation des meubles et ouvrages faits en bois massif en imposant par exemple que tous
*les meubles et ouvrages consommés par nos administrations soient tout simplement réalisés en bois massif ou bois vernis.*
Donner une période de 3 a 5 ans aux entrepreneurs afin qu’ils acquièrent les équipements avec une exonération des droits de douane.. donner des facilités aux détenteurs de la technologie de transformation de s’installer sur place . Appliquer un programme comme le SABADE propose au cameroun pour la création de 560.210 emplois dans 200 communes du cameroun, ce qui permettra d’avoir une main d’oeuvre abondante et de qualité. C’est à partir de ce moment que l’interdiction des grumes pourrait véritablement profiter aux communautés locales, créer plus de richesses et apporter le développement à ces États.
Est-ce à dire que sans ces préalables là cette mesure ne servira à rien?
Tout à fait, parce que les gestionnaires dans nos administrations ne sont toujours pas informer sur l’impact de chacune de leurs décisions…c est un potentiel exponentielle que nous avons là…et qui, pourrait permettre à nos économies de véritablement décollé…si tout est fait dans ce sens là.Nous avons fait plusieurs plaidoyers avant que cette mesure n’arrive et nous sommes déjà fières qu’elle soit arrêté…mais invitons nos gouvernements à aller plus loin pour garantir une meilleure operationnalisation de la mesure et par delà le développement inclusif et intégré de notre sous-région.
Et ces préalables garantissent la compétitivité?
Tout à fait! Du haut de ma posture du 2eme vice président de l’association des menuisiers et artisans du Cameroun, je puis vous dire que celà garantira notre compétitivité.Voyez vous, 80 à 90% de la matière première pour des meubles faits localement utilisent le bois, mais 10 à 20% demande des matériaux ou une technique importé pour pouvoir avoir des meubles très bien faits et compétitifs…si nous n’avons pas la technologie localement…le bois continuera à sortir d’une manière ou d’une autre.90% des unités dans notre pays utilisent des machines datant de 30 ans qui sont largement dépassés aujourd’hui…il est donc question, pour nos gouvernements de permettre un reequipement pour une meilleure production et même pour suivre la demande que pourrait induire une telle mesure.
Aujourd’hui combien représente le chiffre d’affaires du secteur au Cameroun et à combien projeter vous l’impact de la filière si les préalables sont respectés?
Il est de 300 Milliards, ce qui est très dérisoire par rapport à des pays comme Singapour ou encore le Vietnam qui importe une bonne partie de sa matière première du Cameroun…nos projections tablent sur au moins 5000 Milliards si notre gouvernement suit nos propositions.Vous savez que le bois est un produit non limite…ou rien ne se perd, il peut donc permettre de faire des devises suffisantes et de créer de la richesse pour permettre la création de plus de 500.000 emplois, qui feront vivre 5 millions de personnes…il faudra certes faire former les gens, mais le challenge est possible et c’est une véritable aubaine à saisir.
Un dernier mot?
J’aimerais dire à nos dirigeants de donner le Bon exemple en consommant les produits locaux, qui sont mieux fait et en bois massif garantissant luxuriete, durabilité et même santé.Qu’ils essayent de suivre les propositions des professionnels du secteur que nous sommes et ainsi tout le monde sera gagnant et nos pays en premier.Aux populations qu’elles consomment nos meubles et encouragent le Made in Cemac, parce que c’est des emplois qui se créent et des gens qui en vivent…Je vous remercie pour votre intérêt pour notre filière et ma modeste personne.
Propos recueillis par Victor Esso Tiki


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