Espionnage-Ingerence :Le français Nexa Technologies mis en examen dans une affaire de cybersurveillance en Egypte

Le spécialiste français de la sécurité étatique numérique Nexa Technologies a été, apprend-on ce dimanche, mis en examen par une juge d’instruction du tribunal judiciaire de Paris. Il a vendu à l’Egypte un logiciel de cybersurveillance qui aurait aidé à la répression meurtrière de 2014 dans le pays.

La société française Nexa Technologies, spécialisée dans les solutions numériques de sécurité d’Etat, se trouve en situation d’examen judiciaire dans le cadre d’une affaire de vente d’outils de cybersurveillance au gouvernement égyptien. Du matériel qui pourrait avoir servi à la vague répressive de 2014 contre les Frères musulmans, qui a fait plusieurs centaines de morts et des milliers de prisonniers parmi les opposants au régime.

??: La société française Nexa Technologies est mise en examen pour « complicité de torture ». La firme est accusée d’avoir vendu du matériel de cybersurveillance au régime du président Egyptien Al-Sissi, qui lui aurait permis de traquer des opposants (AFP)

— Franceat (@Franceatpresso2) November 28, 2021
Nexa est soupçonné de « complicité d’actes de torture et de disparitions forcées » par le tribunal judiciaire de Paris, dans une enquête déclenchée par des révélations du magazine Télérama et des plaintes conjointes de la Ligue des droits de l’Homme, de la Fédération internationale pour les droits humains et de l’Institut du Caire pour les droits de l’homme. Selon le magazine, la société a vendu un système d’espionnage digital dénommé Cerebro (anciennement Eagle), pour un montant de 10 millions €.

Amesys : révélations sur les tribulations égyptiennes d’un marchand d’armes numériques français, par @oliviertesquet https://t.co/4Pmcbf7yVh pic.twitter.com/tLWuGycqYL

— Télérama (@Telerama) July 5, 2017
Cerebro utilise la technologie IPP (inspection approfondie de données) pour identifier et infiltrer les protocoles réseaux, interceptant en temps réel fichiers, entrées, messagerie, voix, avec des fonctions avancées de géolocalisation et d’analyse vocale et sémantique. Le logiciel aurait également été vendu à la Libye sous Khadafi, 4 dirigeants de Nexa étant déjà en examen depuis juin dans le cadre d’une enquête parallèle.

L’information judiciaire vise à établir un lien entre l’usage de Cerebro par le pouvoir égyptien et la répression, ce qui chargerait Nexa d’« association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de torture et de barbarie ». Si la société a déjà nié avoir signé un quelconque contrat avec la Libye, elle ne s’est pas encore prononcée sur le volet égyptien.

Feriol Bewa

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